GRAND ANGLE Dov Maïmon et Didier Meir, Vincent Peillon, Oren Giorno > 10 M A G A Z I N E B I M E S T R I E L D E Quel avenir ? PAROLES DE FIDÈLES Maurice Tchénio et Élie David > 8 ÉDITO & PAROLE RABBINIQUE Jean-François Bensahel et Delphine Horvilleur > 2 ÉVÉNEMENTS Matins de JEM, Mahané d’été, Évènements FDD. > 4 LA VIE JEM Agenda des prochains évènements et interviews des responsables > 6 C’est tout JEM ce que Sept. 2025 - n°1 LE JOURNAL CULTURE ET ART DE VIVRE Le Livre du mois et les Expos du mois >14 Enquête sur le mal-être des Juifs de France > 10 N°1 - Septembre 2025 2 Tous ceux que JEM ! EDITO L E M OT D U P R É S I D E N T ©Amélie Marzouk Jean-François Bensahel, Président de JEM Source ADL &ChatGpt V ous avez en main « Tout ce que JEM », bimestriel et plus compact, qui vous fait part de la richesse de notre communauté, de ses activités et de ses membres, aux parcours variés et inspirants. Leur donner un vis- age était notre souhait, pour que chacun réalise que c’est une fierté d’être membre de JEM. Ces pages mettent en avant les événements JEM pour donner envie d’y partic- iper. Nous conserverons un grand dossier sur une thématique d’actu- alité qui nous concerne tous, traité sans fard ni ménagement en don- nant la parole à de grands témoins de notre vie juive en France. L’actualité ne nous a pas laissé le choix pour ce premier numéro : depuis l’assassinat d’Ilan Halimi en 2006, Toulouse en 2012, l’Hy- percacher en 2015, l’envolée des incidents antisémites, le Bata- clan, Nice, les coups de couteau... une question revient : que faire ? Rester ou quitter la France ? Le réveil de l’antisémitisme, d’orig- ine islamo-gauchiste, accom- pagne la désagrégation du tissu social, la faillite de l’intégration de populations auxquelles on a recommandé de vivre ici comme là-bas, l’écroulement de l’école et la multiplication des actes violents. Pourtant la France et ses institu- tions ont résisté grâce à sa laïcité. Cet arsenal législatif donne aux pouvoirs publics, pour autant qu’ils s’en saisissent, les moyens de lut- ter contre les pratiques religieuses qui constituent une menace pour l’ordre public. En ce qui me concerne, je suis un combattant. Je ne crois pas que le combat soit perdu, loin de là, mais il faut admettre que nous sommes dans un combat, non pas seuls, mais aux côtés de nombreux amis qui ne veulent pas que nos libertés françaises, notre art de vivre et notre paix civile disparaissent. Chana Tova Oumetouka! Chers amis, Du neuf chez JEM ! Le temps est venu de renforcer nos outils de communication. Sur le plan externe, vous avez sans doute découvert ou allez bientôt découvrir notre campagne. Sur le plan interne, outre MyJEM, nous avons décidé de faire évoluer le format de notre revue Chema Nombre d’incidents antisémites en 2024 hors ligne Population juive (est) Nbre d’incidents pour 1000 juifs Allemagne 4782 125 000 38,26 Belgique 838 29 000 28,90 Italie 526 26 900 19,55 Australie 2062 117 200 17,59 Espagne 193 13 000 14,85 Pays -Bas 352 29 700 11,85 Royaume-Uni 3528 312 000 11,31 Suisse 221 20 500 10,78 France 1570 440 000 3,57 Canada 944 398 000 2,37 Etats-Unis 9354 7 460 600 1,25 3 JEM, le journal Bienvenue dans le temps juif qui défie la linéarité, dans ces jours redoutables où l’on dit à Dieu : HADESH YAMENOU KEKEDEM, « Renouvelle nos jours comme avant ». Faire du neuf... comme avant, en examinant le passé avec honnêteté pour construire un futur. Pourvu que nous y soyons prêts. chemin spirituel s’attache souvent à la question, accepte le doute, quitte des certitudes anciennes pour interroger ce qui semblait fixe. La TECHOUVA n’est pas une réponse possédée : elle est un retour que je dois opérer sur moi- même, mon passé, mes certitudes, mes zones de confort. Pour cela, il faut créer en soi un vide, un HAL- LAL, un espace pour le questionnement, pour le retournement. Sans SHEELA, pas de TECHOUVA : sans jeu, pas de retour possi- ble. Si je suis prêt à ce questionnement, la TECHOUVA m’invite à un voyage dans le temps : interroger hier et aujourd’hui pour transformer demain. Cette saison nous propose d’habiter tous les temps, une science-fiction rac - ontée par la liturgie. Ce temps est consacré à la TECHOUVA, traduction parfois « repentance », mais qui signifie littéralement « retour »... Êtes-vous prêts ? PAROLE RABBINIQUE Delphine Horvilleur, Rabbin de JEM ©Amélie Marzouk V ous sentez-vous prêts à entrer dans ce temps si particulier du calendrier juif, qu’on aborde avec stupeur et tremblements : YAMIM NORAIM, les jours redoutables ? Ils sont redoutables, ces jours, car ils ouvrent un temps de jugement. L’ÉTERNEL siège au tribunal céleste, et nous, nous nous as- seyons sur le banc des accusés, examinant nos actes, notre passé, entrant ensemble dans une in- trospection qui résonne des sons du CHOFFAR, ceux d’une brisure intérieure. BEROSH HASHANA YIKAT- EVOUN : à ROCH HACHANA, tout est inscrit. OUVEYOM TZOM KIPPOUR YIKHATEMOUN : à KIPPOUR, le décret est scellé. Ce temps est consacré à la TECHOUVA, traduction parfois « repentance », mais qui signifie lit - téralement « retour ». La TECHOU- VA, c’est la capacité de se retourn- er, de revenir sur soi, ou en hébreu moderne, de répondre, contraire- ment à la SHEELA, la question. Un malentendu : celui qui revient à la tradition, HOZER BITSHOUVA, « retour à la réponse ». Celui qui s’éloigne, HOZER BISHEELA, « re- tour à la question ». Paradoxal, car celui qui s’engage vraiment sur un La TECHOUVA, c’est la capacité de se retourner, de revenir sur soi N°1 - Septembre 2025 4 Ça s’est passé chez JEM ! ÉVÉNEMENTS Claude Amon, président de la Fondation Marc Amon qui soutient financièrement ce projet. Photo des lauréats de cette 4ème édition avec le jury d’exception de JEM ta Start-up et les administrateurs en charge du programme. Revolty donne une seconde vie aux batteries lithium pour un stockage d’énergie 100% francais. Speakli révolutionne le secteur medico-social grâce à l’IA vocale. Soirée Remise de Prix JEM ta Start Up 4 ème édition. 5 JEM, le journal Marina Bensahel, présidente du Fonds Israël Autrement aux côtés de l’équipe du documentaire les guetteuses Conférence des Matins de JEM avec Pierre Lellouche. Lionel Errera, président du FDD avec Dominique Tibi productrice du documentaire (Roche Production). Pierre Lellouche, ancien ministre et expert en géopolitique, invité des Matins de JEM. Mahané d’été, la colonie de vacances Rimonim, le mouvement de Jeunesse JEM Les évènements du Fonds de Dotation JEM N°1 - Septembre 2025 6 VIE JUIVE Interview de Fabienne Sabban, responsable du pôle Vie Juive. Quel moment de cette année écoulée vous a rendu le plus fier ? À la Nuit d’études de Chavouot nous avons vécu un moment de grâce lorsque Dominique Schnapper (90 ans) a fait découvrir la synagogue à son petit-fils, scène de transmission intergénérationnelle émouvante qui est l’essence du judaïsme vivant, ce que nous cherchons à faire vivre. Quelles sont vos perspectives ou aspirations pour 5786 ? Inviter les jeunes à étudier nos textes pour s’enraciner et s’engager. Être comme Abraham, « l’Ivri », celui qui traverse les rives, du passé à l’avenir, de l’étude à l’action, du doute à l’espérance, pour construire une communauté vivante et inspirée. Comment répondez-vous aux défis actuels ? En proposant une boussole : l’étude, ce lieu où l’on réfléchit ensemble, où l’on renforce nos liens. Notre mission est d’ac- cueillir chaque étincelle de judaïsme pour éclairer et donner au judaïsme français force et solidarité. AGENDA : Souccot 7 octobre dans toutes les synagogues de JEM, Paris et région. Rencontre Fraternelle 10 octobre à JEM Beaugrenelle. À l’occasion de Souccot, JEM accueillera 30 sémi- naristes du Diocèse de Paris pour un repas de Chabbat sous la soucca. CULTURE Interview de Hélène Attali, responsable du pôle Culture. Quel moment de cette année écoulée vous a rendu le plus fier ? Le 6 octobre 2024, voir notre communauté nom- breuse et rassemblée réfléchir aux conséquences du 7 octobre avec des intervenants remarquables. Un moment intense d’émotion partagée qui révèle la portée de notre mission culturelle. Quelles sont vos perspectives ou aspirations pour 5786 ? Je souhaite que nos tous nos événements culturels deviennent des espaces de dialogue nourrissant cœur et esprit, qu’ils soient l’occasion de nous retrouver et célébrer ce qui nous unit. Comment répondez-vous aux défis act - uels ? En valorisant la mémoire et créant des passerelles intergénérationnelles, notre action culturelle renforce la vitalité communautaire : la culture devient respi- ration, mémoire vivante, lien unificateur face aux petitesses du monde. Inventons ensemble l’avenir ! AGENDA : Désirs d’art – Visites guidées avec Lauranne Corneau . Le 16 octobre Paul Poiret, la mode est une fête, le 13 novem- bre Georges de la Tour, et le 19 novembre John Singer Sargent - Éblouir Paris Rencontre JEM - Tribunes de guerre 5 novembre à JEM Copernic. Dialogue entre Raphaël Jerusalmy et Mohamed Sifaoui. 36ème Journée de la Culture et du Livre Juifs 30 novembre à JEM Beaugrenelle culture@judaismeenmouvement.org LA VIE JEM Découvrez tous nos évènements à Paris et en région Vivre au rythme de ma communauté, c’est tout ce que JEM ! 7 JEM, le journal TALMUD TORAH Interview de Oren Giorno, responsable du Talmud Torah. Quel moment de cette année écoulée vous a rendu le plus fier ? Chaque célébration de Bat ou Bar Mitsva me rend fier. C’est un moment fort où nos jeunes affirment et revendiquent leur appartenance à notre peuple et notre communauté, particulièrement pendant cette période trouble. Quelles sont vos perspectives ou aspirations pour 5786 ? Permettre à nos jeunes de se retrouver dans un cadre sécurisant pour vivre et développer leur judaïsme. Puis appliquer les enseignements TT via Rimonim pour grandir avec JEM ! Comment répondez-vous aux défis actuels ? En renforçant le pôle Talmud Torah, jeunesse et éducation juive qui a un rôle essentiel dans l’évolution de notre communauté. AGENDA : Tichri 5786 : Les séances de Talmud Torah de la rentrée sont toutes consacrées aux fêtes de Tichri : découvertes des rituels, des objets de cultes, goûter sous la soucca,jusqu’aux festivités de Sim’hat Torah. Mitsva Day : 23, 25 et 26 novembre. Activités en lien avec la Journée Internationale de Solidarité pour les sensibiliser au concept de Tsedaka. talmudtorah@judaismeenmouvement.org JEUNESSE Interview de Paul Bendavid, responsable du pôle Jeunesse. Quel moment de cette année écoulée vous a rendu le plus fier ? Voir les jeunes grandir à nos côtés et être invité à leur Bar-Mitsva. Ces jeunes qui grandissent dans des écoles publiques et qui n’ont pas beaucoup d’amis juifs créent grâce à Rimonim de belles amitiés dans la communauté. Quelles sont vos perspectives ou aspirations pour 5786 ? C’est une année de transition pour Rimonim car les premiers aides-animateurs deviennent animateurs et les gzaïm deviennent aide-animateurs. Le cycle de la vie du mouvement est enfin lancé ! Comment répondez-vous aux défis actuels ? Grâce à notre programme « rimonim contre la haine » et durant nos séjours, nous faisons vivre l’iden- tité juive et nous permettons aux jeunes d’être fiers de leur Histoire, de leur culture et de leur héritage. AGENDA : Kaïtana – Centres de loisirs JEM 20 au 24 octobre - JEM Beaugrenelle jeunesse@judaismeenmouvement.org Chabbat Rimonim – Office des enfants Vendredi 17 octobre JEM Copernic jeunesse@judaismeenmouvement.org Dîner chabbatique avec YAHAD (18–35 ans) Vendredi 7 novembre - JEM Beaugrenelle yahad@judaismeenmouvement.org FDD (Fonds de Dotation) Interview de Lionel Errera, président du FDD. Quel moment de cette année écoulée vous a rendu le plus fier ? C’est d’avoir collecté plus de 60 000 € en 10 jours pour LATET, remarquable association israélienne aidant rescapés de la Shoah, personnes déplacées et distribuant récemment des kits humanitaires à ceux sans pièces sécurisées. Quelles sont vos perspectives ou aspirations pour 5786 ? Nous souhaitons continuer à attirer de nouvelles familles, qui s’engagent dans la durée en créant un fonds de dotation abrité par nos soins, bien évidemment, à développer et à financer des programmes qui relèvent de l’intérêt général, qu’il soient d’ordres, éducatif sociaux, ou culturel. Comment répondez-vous aux défis actuels ? Face à la montée vertigineuse de l’antisémitisme en Île-de-France, le Fonds de dotation finance des sessions de Krav Maga pour les jeunes et des conférenc- es sur l’histoire d’Israël depuis 1948, permettant à nos jeunes de débattre avec une connaissance indispensable. N°1 - Septembre 2025 8 Dans la tête de Maurice Tchénio À l’occasion de la sortie de son livre Bats-toi chez Fayard, Maurice Tchénio ouvre aux lecteurs de « C’est tout ce que JEM » une fenêtre sur sa pensée. PAROLES DE FIDÈLES F ondateur du private equity en France, philanthrope engagé, membre actif de Judaïsme en Mouvement (JEM) et notamment initiateur du pro- gramme e-Talmud, il incarne un parcours où l’innovation rencontre la transmission. « La règle d’or dans ma vie, c’est être maître de son destin ». Né en janvier 1943 à Lyon, tandis que son frère y est né en févri- er 1944, il survit avec sa famille avec qui ils « n’étaient même pas cachés » à quelques rues de l’épi - centre de la rafle de Klaus Barbie. Ses parents séfarades, venus de Salonique et de Constantinople, parlant ladino ont très vite travaillé, sans pouvoir faire de longues études. Marchands forains deve- nus commerçants, ils lui transmet- tent un judaïsme ouvert, croyant mais non pratiquant, et un attache- ment aux traditions et aux fêtes. Même s’il ne croit pas tout à fait aux coïncidences, il raconte que c’est « par un hasard » qu’il s’est « retrouvé à HEC et à Harvard ». Ce- tte triple culture – juive par l’impor- tance du tikkoun olam , française par l’éducation, américaine par l’ex- périence du give it back – façonne sa vision du monde et sa capacité à transmettre et entreprendre. En 1972, avec un associé amér- icain et un anglais, il fonde ce qui deviendra Apax Partners. Précurseur du private equity qu’il a vu naître aux Etats-Unis et qu’il amène en France, il « a créé les bases de ce système » qui per- met d’investir dans des sociétés non cotées. Cette industrie, alors naissante, finance aujourd’hui des milliers d’entreprises et emploie des millions de personnes. C’est avec sa femme, convertie à Copernic, qu’il redécouvre son judaïsme qu’ils ont transmis à leur fils et petits-enfants. A côté de la poursuite de ses activités dans le Private Equity, l’infatigable bâtisseur se tourne depuis des années vers des activités philan- thropiques : « Il faut aussi essayer d’améliorer le monde », explique-il. C’est avec JEM qu’il développe le e-Talmud, qui a débuté pendant la crise de la COVID pour « permettre à tous ceux qui sont éloignés du judaïsme d’y revenir » et qui est encore en plein développement, il vise les 400 à 500 000 Juifs en France, pour reconnecter ceux qui sont éloignés des institutions. Parmi ses autres actions d’aide aux plus défavorisés, il se dédie avec la fondation AlphaOmega à « accompagner 40 000 jeunes vers la réussite scolaire ». Pour Maurice Tchénio, chaque décision se pense comme une carte routière : larges avenues avec feux verts pour les projets réalisables, rares voies étroites aux feux rouges pour les échecs. « Quand je n’y arrive pas, c’est que là-haut on ne voulait pas que je fasse cette chose-là ». Son héritage est clair : transmettre des valeurs, encourager l’entreprenar- iat, et rester maître de son destin. Et surtout partager le conseil le plus précieux de sa maman pour vraiment voir les choses en grands : « mieux vaut un petit chez soi qu’un grand chez les autres ! ». Maurice Tchénio, Bats-toi , Fayard, 356 p., 21,90 €, parution 11 juin 2025 (ISBN 9782213731506) ©DR N é en 1984 dans une famille alsacienne et vosgienne, Élie David a grandi entre Strasbourg et la campagne. Après hypokhâgne et khâgne au lycée Fustel de Coulanges, il poursuit une école de commerce à Nantes et un master de philosophie, passionné par la pensée juive allemande. Son parcours universitaire le mène à travailler sur des fig - ures comme Kant, Kierkegaard, Ricoeur ou encore Hermann Cohen – un cheminement intellectuel qui l’oriente peu à peu vers le judaïsme libéral. Son mémoire de maîtrise porte ainsi sur la ligature d’Isaac et le Livre de Job, sous un regard philosophique et éthique. Après trois ans à Paris, il revient à Strasbourg en 2013 et découvre l’Un- ion Juive Libérale de Strasbourg (UJLS). « Mon approche du judaïsme a toujours été intellectuelle. C’est en rencontrant le rabbin Stephen Berkow- itz que j’ai compris l’importance d’une vie communautaire. » Sa rencontre avec sa future épouse, chimiste tchèque, est décisive. Mariés en 2017, ils ont depuis trois enfants. Il prend la présidence dans un contexte de transition : « On est venu me chercher, et j’ai dit oui. Je savais que cela arriverait un jour, c’est arrivé plus tôt que prévu. » Pierre Haas, ancien président et actuel trésorier de la communauté, mais aussi président du CRIF Alsace, et Thierry Koch, ancien administrateur du MJLF et ancien président de l’UJLS, l’accom- pagnent. Le départ du rabbin Berkowitz a laissé une place difficile à combler. Mais les offices continuent grâce à certains membres et à des visites de rab - bins de JEM comme Jonas Jacquelin. Les fêtes rassemblent largement : jusqu’à 190 personnes à Yom Kippour, une centaine de foyers impliqués. JEM Strasbourg fait vivre ses traditions. La musique et la liturgie y sont très importantes. La communauté reste attachée à la coutume de la map- pa, bande de tissu portant le prénom hébraïque de l’enfant, utilisée de la circoncision à la houppa. Dans une région où le concordat confère un poids particulier au Consis- toire, JEM Strasbourg reste la seule communauté progressiste du Grand Est. Une singularité qu’Élie David assume pleinement : il préfère se dire progressiste : « Je défends un pluralisme qui reconnaît différentes façons de vivre le judaïsme, la nôtre n’étant ni plus ni moins légitime que les au- tres. » Forte d’un enracinement européen (les communautés libérales les plus proches se trouvent à Bâle et Fribourg), elle incarne un judaïsme libéral enraciné, autonome et tourné vers l’avenir. PORTRAIT un président engagé au service d’un judaïsme libéral enraciné à Strasbourg. Je défends un pluralisme qui reconnaît différentes façons de vivre le judaïsme, la nôtre n’étant ni plus ni moins légitime que les autres. Élie David, 9 JEM, le journal Élie David, Président de JEM Strasbourg ©DR RENDEZ-VOUS : 22 sept. 18h15 : veille de Roch Hachana et dîner communautaire 23 et 24 sept. 9h30 : offices de Roch Hachana 1er oct. 18h30 : Kol Nidrei 2 oct. 9h30 : Yom Kippour 19 oct. 17h : Conférence du rabbin Étienne Kerber – JECPJ INFOS : ujlstrasbourg@gmail.com N°1 - Septembre 2025 10 RESTER OU QUITTER LA FRANCE ? Depuis le massacre du 7 octobre et la flambée d’antisémitisme qui a suivi, nous nous interrogeons : rester ou partir ? Entre l’urgence décrite par Dov Maïmon et Didier Long, la réflex- ion civique de Vincent Peillon, et le témoignage d’Oren Giorno, notre dos- sier explore ce dilemme douloureux, tout en questionnant comment contin- uer à célébrer ce que la France doit aux Juifs... et vice versa. Yaël Hirsch GRAND ANGLE Analyser l’actualité au regard du judaïsme, c’est tout ce que JEM ! INTERVIEW Dov Maïmon et Didier Meir « Nous croyons fermement que les Juifs de France devront, un jour ou l’autre, partir » D ans La fin des Juifs de France , le sociologue Dov Maïmon et le spécialiste en conseil et numérique Didier Meir Long analysent la montée de l’antisémi- tisme en France depuis le 7 octobre 2023. S’appuyant sur des données confidentielles inédites, des sondages, des interviews et des articles de presse, ils posent la question du devenir des 500 000 Juifs français. Notre dossier « Faut-il quitter la France ? » ne pouvait se passer de leur éclairage ... Comment vous êtes-vous rencontrés sur ce thème de « la fin des Juifs de France » ? Didier Meir Long : CRIF m’avait confié une mission qui m’a conduit à de nombreuses rencontres, dont Jean-François Bensahel, et Daniel Elalouf, le Président du Bureau Exécutif du FSJU, que je salue pour leur aide et leur vision. Dans ce cadre, un avocat du Consistoire m’a conseillé de rencontrer Dov Maïmon qui travaillait sur des questions connexes depuis longtemps. Dov Maïmon : C’était un début de l’année 2023 et nous avons réalisé que nous étions tous les deux fascinés par le « mystère du peuple juif ». La fin des Juifs de France, visuel © couverture du livre 11 JEM, le journal On sent une urgence dans vo- tre essai. Provient-elle des conséquences du 7 octobre ? DML : Nous avons souvent enten- du : « Il faut évacuer les Juifs ». Pas dans le 16e ou le 15e, mais dans des quartiers populaires de Sarcelles, Marseille, Toulouse, Strasbourg et Créteil. Aujourd’hui (et c’était déjà le cas avant le 7 octobre !) 150 000 juifs en contact avec des populations ara- bo-musulmanes courent des risques imminents. Les institutions juives et leurs dirigeants comme Haïm Korsia ou Yonathan Arfi travaillent à alerter les pouvoirs publics, mais concrètement, ces derniers ne peuvent pas protéger les Juifs de France. Il est donc urgent de les prévenir de ce qui leur arrive. Ils semblent au courant, vous écrivez même que « les Juifs de France sont terrorisés »... DML : Oui, nous rencontrons beau- coup de juifs terrorisés, dont cer- tains sont en train de se demander comment vendre l’immobilier de leur synagogue et quitter la France. DM : Il ne faut pas être alarmiste, mais simplement se préparer. Or, les juifs sont à demi conscients de la réalité. Il faut leur apporter des chiffres, des faits. Et analyser une situation paradoxale de « disso- nance cognitive » : Ce danger ma- jeur – confirmé par la DGSI, DGSE, les services américains, israéliens, les commissaires de police et les magistrats - intervient alors que la juive vie n’a jamais été aussi dy- namique en France qu’aujourd’hui. Après la Révolution française, chaque génération s’était davan- tage assimilée. Pour la première fois aujourd’hui les jeunes juifs sont plus religieux et communautaires que leurs parents. Rappelons-nous que le judaïsme polonais a atteint son apogée culturelle et civilisa- tionnelle dans les années 1930. 80 % des Juifs vivaient en Europe orientale au 20e siècle. Ils ont dis- paru. Il en reste 9% en Europe de l’Ouest, où il n’y en aura peut-être bientôt plus non plus. Qui est « l’antisémite » aujourd’hui ? DML : Aujourd’hui, 78 % des étudi - ants juifs dans le monde affirment qu’ils cachent leur identité et 81 % taisent qu’ils soutiennent le sion- isme (American Defense league et World Union of Jewish Students). L’antisémitisme est devenu chez les jeunes, en continuité du marx- isme, une dichotomie entre les colonisés et les colonisateurs. Dans une inversion des valeurs victimaires, le Juif est devenu un colonisateur blanc génocidaire, qu’il est bon de dégager, voire d’abattre. Par ailleurs, les frères musulmans islamistes ont formé une Umma à Marseille, Lyon ou Sarcelles et se sont mis à remplacer les services de l’État défaillants en proposant de l’aide sociale. Ils ont été adoubés par LFI et plus généralement leur vote intéresse tous les politiques. Il y a de leur part une violence an- tisémite concrète : 486 personnes islamistes sont sorties de prison depuis juillet 2018 et l’on sait que 5 à 8 % repassent à l’action. Des complots sont déjoués tous les jours, mais le nombre de personnes à surveiller est trop important pour assurer la protection des juifs. En- fin, la démographie parle contre les juifs : il y a 15 % de musulmans en France, dont une partie radicalisée ; on est loin du « grand remplace- ment », mais dans les zones où il y a une communauté juive la situation est compliquée. Et la démographie n’aide pas : la moyenne d’âge des juifs de France est de 51 ans, les cadres de la communauté ont 60 à 65 ans et 80 000 juifs ont quitté la France depuis le début des années 2000.... Il faut donc partir ? Et pour aller où ? DM : La bonne nouvelle, c’est que nous ne sommes pas seuls. Ceux qui veulent visent avant tout la démocratie libérale. Or, 3,7 millions de personnes sont de- scendues dans la rue après Charlie Hebdo pour défendre la civilisation occidentale libérale. Mais ils ne l’auraient pas fait après l’Hyper Cacher. Il faut donc se préparer à partir ou au moins à vivre dans des communautés sécurisées, comme en Afrique du Sud. DML : Et la première destination, c’est pour 60 % des juifs qui quit - tent la France, Israël. Après, il y a le Canada, le Portugal et, auparavant, il y avait les USA. Je suis aussi assez partisan d’une Aliyah interne en Corse mais c’est un autre livre... Dov Maïmon et Didier Meir Long, La fin des Juifs de France , Le Cherche Midi, 22/05/2025, 210 p., 13,90 euros. ©DR Dov Maïmon et Didier Meir N°1 - Septembre 2025 12 Face à la montée ou simplement l’exist- ence de l’antisémitisme, les juifs ont dével- oppé plusieurs stratégies : se faire oublier, ou se rendre indispensable au pouvoir en place par exemple... Affirmer une identité forte est-il aussi une bonne option ? Ce que nous savons d’expérience en tout cas, c’est que se dissimuler, raser les murs, chuchoter ne sert à rien. Ce fut mal- heureusement l’expérience des Français juifs les plus assimilés sous Vichy, et cela a conduit à de nombreuses réflexions après-guerre et une réaffirmation forte de l’identité juive dans toutes ses dimensions, y compris religieuse. Mais face à l’antisémi- tisme, il y a moins, me semble-t-il, des « op- tions » à considérer qu’une exigence et une nécessité à faire valoir : le combattre résolu- ment, et le combattre non dans l’isolement mais en lien avec toutes les forces démocratiques. À la lumière de tant de trajectoires tragiques peut-on dire que les juifs attendent toujours « un peu trop tard » pour partir. Si oui, pourquoi ? Toujours, non, ce ne serait pas exact, mais c’est une question qui bien évidemment se pose. Elle se pose dans des termes toujours renouvelés car les situations sont toujours singulières. Cela explique en partie d’ailleurs la difficulté. Il est diffi - cile pour chacun d’entre nous de prédire l’avenir, et donc de voir le mal quand il vient, dissimulé sous les habitudes du quotidien et la banalité de l’existence ordinaire. Cela doit nous conduire à af- fermir notre prudence et à exercer notre vigilance. Pour pouvoir agir au moment opportun de la bonne manière. Mais cela est sans doute plus facile à dire qu’à faire. La prophétie n’est pas une science exacte, et elle s’accompagne rarement d’un guide pratique pour prévenir les calamités et les catastrophes. En France, depuis la Révolution, il sem- ble que l’antisémitisme soit, « social » et non « politique » dans la mesure où la République défend « ses juifs ». Jusqu’à quel point ? Qui peut le dire ? Sans doute n’est-ce pas la République, mais l’État français qui a failli et dont les plus hautes autorités politiques de notre pays ont reconnu la responsabilité dans la déportation des Juifs de France. Depuis l’Émancipation, il y a un lien essentiel, consubstantiel, en France, entre judaïsme et république. Il nous ap- partient de le faire vivre avec intensité et intransigeance, sans nous tromper sur la définition d’un républicanisme aujourd’hui souvent dénaturé et instrumentalisé par des forces politiques, nationalistes et xénophobes, qui l’ont historiquement toujours combattu et nous ont rarement voulu beaucoup de bien. N’ayons pas la mémoire courte et faisons preuve de dis- cernement, dans la fidélité à nos valeurs et à notre histoire. Face à la situation actuelle, pensez-vous que la question de quitter la France se pose réellement ? Il appartient à chacun de répondre en conscience, selon son vécu, à cette question douloureuse. En tout cas, pour beaucoup de juifs, en France aujourd’hui, je le constate et je le déplore, cette question se pose. Il serait absurde de ne pas le reconnaître et de ne pas chercher à le comprendre. Pour ce qui me con- cerne, je considère que le combat contre l’antisémitisme doit se mener ici résolu- ment, avec le soutien de l’Etat, des forces politiques démocratiques et d’une très grande majorité de nos compatriotes. Je viens, par ma mère, d’une famille de juifs alsaciens. Notre attachement à la France républicaine est sans faille. La France est notre pays et c’est en France qu’au- jourd’hui comme hier, - au XIXème siècle pour asseoir la République et l’égalité des droits, au moment de l’Affaire Dreyfus pour faire triompher la Justice, pendant la Seconde Guerre mondiale pour résister à l’oppression nazie-, nous devons nous organiser et mener la bataille avec d’autres. Je ne crois pas à la fuite, et je suis convaincu que quel que soit le lieu où nous décidions d’aller nous serons con- frontés en tout état de cause à la même nécessité de mener ce combat, même si c’est bien entendu dans des conditions et selon des modalités différentes. Le judaïsme français ne doit ni baisser la garde ni baisser la tête. Il doit continuer de faire vivre la belle et longue histoire, une histoire singulière, dont il est l’héritier. Vincent Peillon Agrégé de philosophie et figure du Parti socialiste qu’il a contribué à mod- erniser, Vincent Peillon a été ministre de l’Éducation nationale et député européen. Spécialiste de Merleau-Ponty et éditeur aux Bord de l’eau, il a récemment publié l’essai Jérusalem n’est pas perdu , consacré à la figure de Jo- seph Salvador. Dans cet entretien pour JEM Le Mag , il revient sur la place des Juifs dans la République française, démonte certains clichés historiques et s’interroge, face à la montée de l’antisémitisme, sur la tentation de l’exil. INTERVIEW Vincent Peillon « Le judaïsme français ne doit ni baisser la garde ni baisser la tête » ©DR 13 Pourquoi avoir choisi de rester en France, pour vous et votre famille, plutôt que de faire votre aliyah ? J’ai la double nationalité, je suis né israélien et français à Paris. J’ai passé tous mes étés en Israël depuis mon enfance et, après mes études, j’y ai vécu un an dans le cadre d’un programme Massa de l’Agence juive. J’avais envie de m’y installer. Mais j’ai fait le choix de ne pas partir en Israël pour l’instant. Je suis très sioniste, très attaché à Israël : toute ma famille proche y vit et ma grand-mère – la matriarche du clan – y vit encore. Mais le choix familial a été de rester en France. Ma femme, qui est franco-israélienne comme moi est très attachée à sa mère qui vit ici, et nous avons décidé ensemble de rester. Depuis le 7 octobre, comment percevez-vous la question de l’aliya et le climat pour les jeunes juifs ? Le 7 octobre 2023, quelque chose a basculé. Lors des précédents pics d’an- tisémitisme, aussi inqualifiables soient-ils, les tensions finissaient par retomber. Cette fois, le pic est devenu une réalité durable. Nous avons vécu un été affreux, avec chaque jour un nouvel acte antisémite, une agression ou encore des tags. On se demande : quand cela s’ar- rêtera-t-il ? Et nous avons senti une angoisse profonde chez les familles. En juin 2024, nous avons fait un point sur cette peur de l’antisémitisme parmi nos familles avec le rabbin Del- phine Horvilleur. Et beaucoup d’enfants ont raconté avoir subi de l’antisémitisme : insultes, incitations, remarques à l’école et envie de cacher leur identité juive. En 2025, nous avons réitéré ce rendez-vous et nous avons constaté que la situation ne s’était pas améliorée. Selon nos estimations, 90 % des jeunes ont été confrontés à de l’antisémitisme. Celui-ci s’est nourri du conflit israélo-palestinien et a explosé non pas après, mais le jour même du massacre du 7 octobre. Certains attendaient une excuse pour déployer cette haine. Comment avez-vous accompagné les jeunes pour leur donner des clés de compréhen- sion ? Nous nous sommes concentrés sur les collégiens, à partir de 11 ans. Nous avons mis en place des rendez-vous où nous avons parlé d’antisionisme, de génocide, d’apartheid. Nous avons travaillé sur les mots, notamment approché tout ce qui est reproché à Israël et aux Juifs. L’objectif était de fournir aux collégiens et lycéens des éléments pour compren- dre. De novembre 2024 à juin 2025, nous avons fixé un rendez-vous par mois sur l’histoire de l’antisémitisme et de l’antijudaïsme. Nous avons abordé des thèmes comme le déicide, les accusations de meurtres rituels, les discriminations, la théorie du complot. Les col- légiens et lycéens ont beaucoup participé. Mais cet automne 2025, nous en avons assez de parler uniquement d’antisémitisme. Nous allons donner aux jeunes aussi du positif et leur permettre de comprendre ce que signifie être à la fois juif et français. Nous travaillerons sur ce que les Juifs ont apporté à la France depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours. Leur présence a façonné ce pays. Il est important de rappeler que l’histoire juive n’est pas une anecdote mais un élément constitutif de la nation. Vous venez d’être élu président d’Arzenou France. Quels sont vos enjeux prioritaires ? Le premier enjeu était le renouvellement des délégués sionistes pour le congrès d’octobre : nous avons présenté une liste commune avec les massortis, ce qui nous a permis d’obtenir quatre sièges sur les 21 en France. Avec Arzenou, nous voulons faire entendre des idées et des valeurs, avoir un impact sur les positions politiques en Israël qui se réper- cutent sur la diaspora. Il faut financer les communautés libérales en Israël, mettre en place des programmes pédagogiques et culturels, recréer du lien avec Israël. Beaucoup se demandent : si ce n’est plus en France, est-ce qu’on ira en Israël ou ailleurs ? Et si c’est ailleurs, quel sens cela a ? Le contexte politique en Israël n’est pas encourageant : dérive autocratique, discrimination contre les minorités... Les communautés libérales doivent réfléchir à leur place en Israël demain. Nous aurons à répondre à ces questions dans les années à venir. Quel rôle le mouvement libéral peut-il jouer aujourd’hui ? Le mouvement libéral doit être un pont : un pont entre Israël et la diaspora, un pont entre les valeurs démocratiques et le sionisme, un pont entre tradition et modernité. Nous devons rappeler que le judaïsme peut être une force d’ouverture et de dialogue, et montrer que notre présence – en France comme en Israël – a du sens et un avenir. https://arzenoufrance.weebly.com/ JEM, le journal Nous sommes dans un moment charnière pour le judaïsme libéral et la jeunesse juive française. Oren Giorno – Directeur Talmud Torah, Éducation Juive et Jeu- nesse de Judaïsme en Mouvement – vient de prendre la présidence d’Arzenou France. Cette organisation fournit une représentation politique au mouvement libéral français au sein de la Fédération des Organisations Sionistes de France (FOSF) et du Congrès Sioniste Mondial. Il partage ici sa vision sur le rôle du pôle jeunesse, d’Arzenou et du judaïsme moderne en général face à la montée de l’antisémitisme. « Nous devons redonner du sens positif à l’identité juive en France » ENTRETIEN Oren Giorno ©DR Oren Giorno, Directeur du Talmud Torah N°1 - Septembre 2025 14 Quitter Berlin le journal de jeunesse de Gershom Scholem par Didier Meir Long et Dov Maimon CULTURE ET ART DE VIVRE Un judaïsme qui se lit, se vit, c’est tout ce que JEM ! LE LIVRE DU MOIS Par Hélène Attali À l’initiative d’Hélène Attali, adminis- tratrice de JEM Culture et à l’origine des visites Désirs d’Art, Judaïsme en Mouvement vous invite à deux expériences artistiques incontourn- ables. Georges de La Tour : Entre ombre et lumière – Musée Jacquemart-An- dré, Paris . Une est prévue dans le cadre des Visites d’Art menées par Lauranne Corneau le jeudi 13 novembre 2025 (l’exposition dure jusqu’au 25 janvier 2026!). Décou- vrez les clairs-obscurs et la beauté épurée des toiles du maître lorrain, de la vie quotidienne aux scènes re- ligieuses dont la dernière rétrospec- tive parisienne date de ... 1997 ! Kandinsky, la musique des couleurs – Philharmonie de Paris (15 octobre 2025 – 1er février 2026). Explorez l’univers musical et abstrait du peintre avec près de 200 œuvres et objets issus de son atelier. Plus d’informations et calendrier complet des visites Désirs d’Art : https://judaismeenmouvement. org/agenda/desir-dart-visites- guidees/ LES EXPOS DU MOIS Inédit jusqu’ici en français, tout juste paru aux Éditions de la Rue d’Ulm, Quitter Berlin. Journal de jeunesse dévoile l’adolescence et la formation intellectuelle de Gershom Scholem (1897–1982), revient sur son parcours : il résiste à l’assimila - tion, redécouvre l’hébreu et le Talmud, fréquente Martin Buber et les milieux sionistes, réfléchit sur la guerre et le sens de l’histoire juive.. Nous avons demandé à Dov Maimon et Didier Long ce que ce livre signifie pour les Juifs de France aujourd’hui. Pourquoi lire aujourd’hui Quitter Berlin, ce journal de jeunesse de Scholem ? Dov Maimon : Dans Quitter Berlin, Scholem nous dit qu’il faut quitter l’Europe. Les Juifs sont un pont entre l’Orient et l’Occident, entre le Sud global et l’Occident. C’est leur valeur ajoutée pour l’humanité. Les Juifs ne sont pas des arbres; ils ont des pieds et vont là où existent démocratie, méritocratie et État de droit. Quitter la France ou l’Europe serait un épiphénomène dans l’histoire du peuple juif, car le judaïsme n’est pas qu’une religion : c’est un projet sociétal et civilisationnel. Il a besoin d’une base territoriale. Scholem a d’abord été fasciné par l’orthodoxie, puis il en est revenu... Didier Long : Scholem redécouvre son origine juive et parvient à un sionisme religieux intelligent, un mélange d’État hégélien et de tra- dition retrouvée. C’est vraiment un homme de tradition. Depuis le 7 octobre, beaucoup de Juifs retrouvent leur judaïsme, sont revenus à leur héritage ancestral : ce renouveau rappelle le chemin de Scholem vers le sionisme. Chez lui, le mystique personnel ne suffit pas : il se comprend comme membre d’un peuple, engagé dans une histoire collective et non dans une simple expérience intérieure. Quitter Berlin nous rappelle qu’un judaïsme vivant doit trouver son lieu et son projet. Gershom Scholem, Quitter Berlin. Journal de jeunesse , 1913-1923, Éditions de la Rue d’Ulm, 2025, 480 p., 29,00 €. Visuel © couverture du livre 15 JEM, le journal MARIAGES Rodolphe ZEILLITCH & Gracie GARNHAM Rudy DRIKES & Laura CHICHE Vincent BOUAZIZ & Charlotte ATLAN Nino DISEGNI & Youlia MAKSIMTCHOUK Faraz YASHAR & Audrey AMSELLEM Raphael TEBOUL & Hannah TAIEB David BENAINOUS & Joyce HERAIL Ilan DEUTSCH & Juliette PELERIN Raphael BENMUSSA & Juliette THONIEL Ruben BENDAVID & Eva DRIKES Harrisson SELETSKY & Noémie CAJFINGER Yohan SNEOUAR & Julie NEJAR Gabriel ACHOUR & Madeline PIKE BNEI MITSVA ABBOU Abigael ABITEBOUL Oscar ABOULKER Benjamin ALBERT Judith AZOULAY Elie AZOULAY Jacob BEJEAN Ava BENATTAR ADATO Zacharie BENSOUSSAN Lisa BERGER Sasha BERREBI Nathan BOURLA Shanna CABOCHE KUMMER Elias CHEMOUL Samuel CREPIN Isaac DAHAN Inès DAHAN Jonas DARDOUR Jacob DEDDOUCHE Elisa ELKAÏM YUS Gabriel GANANSIA Ethan GILBERT UZAN Max GRELLIER Salomé HAJDENBERG Anouk HAZAN Lilas KALCHMAN Raphael KONIETZKO Eliott KOSKAS Raphaël KRULIK Aaron LEVY GARBOUA Liberty MARGOLINE Ellie MELLUL Noah MIMOUN Raphaël MOLHO Noé MOLHO Samuel NOBOU Simon CARNET COMMUNAUTAIRE PARIS Yaël Hirsch, directrice de rédaction Comité de rédaction : Hélène Attali, Jean-Francois Bensahel, Fanny Dufrenois, Patricia Gordon, Richard Metzger, Fabienne Sabban, Charlotte Sarrola. Conception graphique : Harold Bokobza et Charles Crouzat. ANNONCES Bonjour, pour un cadeau de mariage je cherche en région parisienne, une personne qui maîtrise les spécialités ashkénazes afin d’offrir un cours de cuisine d’une journée. La date et le lieu seraient à convenir entre les mariés et le/la chef(fe). Prestation ré - munérée. Merci de contac - ter Joe au 06 99 37 59 53 Aide à la personne : Macha, femme exception - nelle de toute confiance qui depuis 25 ans s’est occupé de la famille Joffo, membre de JEM, et