3’:HIKKLB=]UXUUV:?k@i@c@q@a"; M 00118 - 826 - F: 3,00 E N° 3328 DATÉ DU 26 AOÛT 2026 3 € 26 août 2026 l’Opinion 3 3’:HIKKLB=]UXUUV:?k@i@c@q@a"; M 00118 - 826 - F: 3,00 E Coulisses La REF 2026 débute ce mercredi, à 14 h 30, et se te rminera le lende- main avec un débat entre sept candidats à la présidentielle : Gabriel Attal, Raphaël Glucksmann, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Edouard Philippe, Bruno Retailleau et Marine Tondelier . Sébastien Le- cornu, en déplacement à Mayotte pendant les deux jours, sera absent. 82% des 65 000 chefs d’entreprise consultés par le Medef se disent « pessimistes » face aux effets de la politique économique du prochain Président. Sarah Spitz les candidats, plus on sera entendus », estime Nicolas Blangy, président du Medef dans la Somme. Il s’est vu distri- buer dix invitations gratuites pour faire venir des prospects avec lui. D’autres « territoriaux » bénéficient d’un coup de pouce financier pour réduire les frais – l’entrée coûte environ 120 euros pour les adhérents. Cela semble fonc- tionner : l’équipe organisatrice prédit le double d’inscriptions par rapport à l’année dernière. Un parterre de présidentiables, une foule d’entrepreneurs, des médias prêts à tout rediffuser... Quoi de mieux lll Page 4 KAK Au Medef, on n’est pas peu fiers. « Ça se bouscule au portillon », se félicite-t- on avant le coup d’envoi de la nouvelle édition de l’université d’été de l’orga- nisation patronale, ce mercredi. Une véritable « cérémonie d’ouverture de la présidentielle » ! Et pour cause : pour la première fois, l’événement de rentrée du Medef se clôturera jeudi avec un vrai débat, télévisé, entre sept candidats à la présidentielle. Face au prochain (potentiel) loca- taire de l’Elysée, l’organisation patro- nale veut faire masse. Car « plus on fait une démonstration de force devant Présidentielle Le plan de bataille du Medef L’organisation patronale déploie une nouvelle stratégie afin d’imposer son agenda aux candidats pour l’Elysée et asseoir son influence sur le débat public Quel candidat aura le courage de lancer aux chefs d’entreprise : « Enrichissez-vous » ? Aucun. Et si les sept prétendants à l’élection prési- dentielle présents à l’Université d’été du Medef, jeudi, vont tout faire pour démontrer leur crédibilité, pas un n’aura l’humilité de reconnaître que le message envoyé aux forces vives du pays depuis trois décennies sonne plutôt comme un « appauvrissez- vous » général... Dans la course au grand déclasse- ment, sans doute est-il injuste de ravaler au même rang un apprenti-sorcier prêt à « foutre au feu » la dette, une magicienne capable de ramener la retraite à 62 ans, une tenante du folklore anti-capitaliste et d’anciens ministres compétents mais plus rigoureux dans le discours que dans l’action. Il n’empêche. Tous partagent l’idée qu’il sut d’aligner les promesses pour réguler l’économie par le haut. Il sera donc question de plus ou moins de redistribution, mais pas ou peu de production. De travail comme souffrance, mais pas comme clé du vivre-ensemble. De modulation de la fiscalité et de la réglementation, mais pas d’inexion en faveur de l’effort, de l’initiative, de l’innovation. De prots à taxer plutôt qu’à célébrer, de succès à cantonner plutôt qu’à encourager. La création de richesse ? Une suspecte à tenir à distance. Aveuglés par leur étatisme, leur pré- tention à tout administrer et leur désir de contrôle, les aspirants à l’Elysée ne verront pas que la solution à la crise éco- nomique et démocratique de la France se trouve sous leurs yeux. Chez ces entre- preneurs, petits ou gros, qui recrutent, forment, investissent, innovent, ex- portent. Las des injonctions contradic- toires et des procès en irresponsabilité, ils demandent juste à ce qu’on les laisse faire. Un programme simple pour une nouvelle prospérité. Qui osera? Rémi Godeau @remigodeau @remigodeau X X Chefs d’entreprise, enrichissez-vous ! pour prouver qu’il est temps d’écouter la voix des entreprises ? Tel est l’objectif de cette nouvelle édition de la REF, et la mission de Patrick Martin. Notes programmatiques. Tout juste élu à la tête de l’organisation en 2023, le patron des patrons appelait déjà à la réflexion, à la prospective, à l’anticipation. La dissolution de l’As- semblée nationale en 2024 et la crise politique qui s’en est suivie l’incitent à monter d’un cran. Il faut « imposer le primat de l’économie dans le débat » et « déconstruire les fausses bonnes idées ». Il nomme cela le « Medef d’af- rmation », d’autres parlent plutôt de « Medef militant ». Quel que soit le terme choisi, c’est toute la stratégie de l’organisation qui évolue. « Lorsqu’il y a des échéances politiques, on nous demande souvent de venir commenter. Ce temps-là est ré- volu : on n’a plus à suivre, on doit désor- mais précéder », développe le président du Medef Paris, Charles Znaty. N° 3328 DATÉ DU 26 AOÛT 2026 3 € Dopée à l’IA, la Bourse la plus folle du monde joue aux montagnes russes Page 11 Pourquoi Bercy défend autant la facturation électronique Après la fuite massive de données du sc cet été, la bascule prévue le 1 er septembre inquiète Page 7 L’opération « Paria économique » de Trump face à l’Iran Washington a dévoilé sans convaincre sa stratégie visant à étrangler et isoler Téhéran Page 9 Ce que cherche Riyad en misant sur la France L’imprévisibilité des Etats-Unis de Donald Trump pousse l’homme fort d’Arabie saoudite, Mohamed ben Salmane, à se tourner vers d’autres pays. Le prince héritier vient de signer un protocole d’accord d’un « giga projet » de parcs d’attractions près de Paris, à 6 milliards d’euros. Page 9 AURELIEN MORISSARD/AP/SIPA PRESS 4 l’Opinion 26 août 2026 Le patron français ne fait pas de politique. Il surveille son carnet de commandes, le prix de l’énergie et l’état de ses stocks. Il lui arrive de se plaindre, mais il laisse ses organisations profes- sionnelles le faire à voix haute. Ce temps est révolu. Depuis deux ans, les chefs d’entreprise sont de plus en plus présents dans le débat public. Leurs syndicats pratiquent un lobbying organisé, moins défensif, plus offen- sif. Pour la seconde année consécutive, le Medef devient le lieu de la rentrée politique avec sa Ren- contre des entrepreneurs (REF) et la confronta- tion entre sept grands candidats à la présiden- tielle. Son patron, Patrick Martin, a participé à la Fête de l’Humanité, en 2024 et 2025. On le verra à Sens, pour l’événement de Jean-Michel Blanquer et à Blois, pour le Campus 2026 des socialistes. De son côté, l’Institut Montaigne, dont le comité directeur réunit des élites de l’entre- prise, lance une grande opération le 5 octobre. Au cours d’une conférence de presse, ce think tank d’inspiration libérale va présenter 25 notes autour de quatre thèmes : créer de la richesse, vivre ensemble, se protéger et mettre en œuvre. Exercice classique à l’approche d’un scrutin majeur ? Oui, la nouveauté est ailleurs : de grands patrons vont prendre la parole et endosser des propositions. Pourraient participer à cette opération Patrick Pouyanné, Dominique Schelcher, Tho- mas Buberl, Jean-Dominique Senard, Antoine de Saint-Affrique, Florent Menegaux. Les deux derniers devraient porter ensemble la ques- tion de la compétitivité. Les uns et les autres continueront à diffuser leurs messages tout au long de l’automne. Chaleur. L’Institut veut développer le concept d’arbitrage, pour montrer que toute décision a des conséquences et des coûts. Au cours de l’automne, un jeu sur Internet permettra à chacun de se mettre dans une lo- gique de choix : j’augmente la rémunération des profs, avec quelles conséquences sur les salaires des autres fonctionnaires ? Quelque chose a changé au royaume des pa- trons : ils acceptent la visibilité. Bernard Arnault (propriétaire de l’Opinion) s’inscrit sur X. Juste un clic, mais une claque pour les médias tradition- nels, estime Elon Musk qui félicite ce nouveau client avec chaleur. Vincent Bolloré loue « les avis précieux » que son ami va donner à la France. Oui, les patrons ne sont plus tout à fait les mêmes. Certains flirtent avec l’idée d’une can- didature comme Michel-Edouard Leclerc ou Matthieu Pigasse. D’autres se sentent une voca- tion de Gilets jaunes. Qu’avez-vous fait de notre pognon ? demandent-ils à l’Etat qui se nourrit de leurs impôts et cotisations. A quoi servent les dépenses publiques, soit plus de 57 % de la richesse nationale ? « Nous contribuons de plus en plus et nous voyons de moins en moins la couleur de cet argent », dit le responsable d’une organisation patronale. La mue des dirigeants commence avec la dissolution du 9 juin 2024. Cette décision totale- ment politique les prend au dépourvu : il y a pire que les impôts, l’instabilité, elle-même source de créativité scale. Les incertitudes se géo-politisent avec l’arrivée de Donald Trump au pouvoir. Beau- coup de grands patrons attendaient l’ouverture d’un âge d’or libéral, source de prospérité. Ils se heurtent à une politique commerciale agressive et une politique extérieure fantasque. En France, la fabrication du budget 2025, particulièrement tortueuse, les fait sortir de leurs bureaux. Une mesure les exaspère : la surtaxe à l’impôt sur les sociétés. « Une taxe sur le made in France », proteste Bernard Arnault. Contre cette mesure et d’autres, Benjamin Smith (Air France- KLM), Guillaume Faury (Airbus), Patrick Pouyan- né (TotalEnergies), Dominique Schelcher (Sys- tème U) prennent publiquement la parole. Arène. L’hypothèse d’une arrivée au pouvoir du RN, elle aussi, oblige les patrons à descendre dans l’arène. Ils rencontrent les dirigeants du par- ti. Et plutôt Jordan Bardella, jugé plus instruit de la langue des affaires que Marine Le Pen. Le 7 juillet, la décision de la Cour d’appel de Paris permettant à celle-ci de se présenter est une bombinette. La députée RN les inquiète bien plus que Bardella, mais bien moins que Jean-Luc Mélenchon, épou- vantail en chef des milieux économiques. Entre ces deux extrêmes, c’est le trop-plein. C’est-à-dire le vide. Déjà, les patrons sont furieux de devoir attendre de longs mois avant de sor- tir de l’incertitude. Les plus lucides savent que l’élection présidentielle ne fera pas forcément émerger une majorité claire. Dans tous les cas, l’absence de leadership au centre et à droite – ports d’attache traditionnels du patronat – renforce les craintes. « Les patrons sont très en colère, partagés entre l’anxiété et l’exaspération : ils ont les outils, ils savent ce qu’il faut faire, mais personne n’a le courage de reprendre leurs idées », commente le conseiller de grands patrons. Le libéralisme d’un David Lisnard est appré- cié, mais le patronat doute de sa capacité à se frayer un chemin. Mêmes interrogations pour Bruno Retailleau. Edouard Philippe devrait raer la mise, mais les milieux patronaux ne le trouvent pas assez présent sur les grands sujets. Une question de calendrier? Thierry Breton a ses soutiens, crédité d’une double expérience, poli- tique et entrepreneuriale. François Hollande retrouve des couleurs dans un milieu où il n’en a jamais eu beaucoup. On connaît ses défauts, l’activisme fiscal, mais ses qualités : il tient la barre dans les tempêtes. Si celle de la dette se conrme, il saurait faire. Ceux qui ont vu et apprécié le film d’Anto- nin Baudry, La bataille de Gaulle , ont trouvé leur héros : l’homme de Londres incarne le discerne- ment, l’engagement et le courage. Exactement ce qu’il faudrait pour redresser la France d’au- jourd’hui, estiment-ils. Au sein du patronat, ce récit épique bénécie d’un bouche-à-oreille admiratif. Le courage est d’ailleurs le thème de la REF édition 2026. Oui, mais... Les politiques savent que le courage n’est rien sans la capacité de convaincre les Français. Il ne suffit pas de lancer des combats. A Paris comme à Bir Hakeim, il faut les gagner. C’est aussi la leçon du général de Gaulle. Corinne Lhaïk @clhaik @clhaik X X Pourquoi les patrons se passionnent pour la politique Un exemple : mercredi, soit la veille du grand débat, les économistes des candidats à l’Elysée ont rendez-vous avec le Front éco- nomique, ce collectif de chercheurs et de pa- trons monté en 2024 par le Medef. Avec pour objectif la « confrontation des diagnostics économiques et des propositions pour 2027 ». Mais que pourront bien apprendre les équipes de campagne ? L’organisation patro- nale a déjà mis sur la table son programme de rêve. En avril 2024, le Medef liste trente propositions « pour une Europe qui entre- prend ». En février 2025, il formule dix préco- nisations sur l’intelligence articielle, puis en juillet, c’est la « task force santé » qui rend ses 93 propositions. En août, le Front économique livre son rapport et en octobre, le Medef rend ses mesures en faveur de la jeunesse – thème d’un livre que publiera Patrick Martin en sep- tembre. Au printemps 2026, pendant que le bureau du Medef recevait un à un les chefs de parti à déjeuner, la machine à produire des notes programmatiques s’emballe : révision de la procédure budgétaire, réforme du mo- dèle social avec une TVA sociale, plan d’éco- nomies à 100 milliards pour l’Etat... La petite dernière, portant sur la politique familiale, sera dévoilée pendant la REF. « Ce rythme est inédit », souligne-t-on avenue Bosquet. « Nous avons mobilisé ab- solument tout le monde », se félicite Jacques Creyssel, co-président de la Commission Eco- nomie du Medef. En tout, une petite vingtaine de com- missions thématiques au sein du Medef se réunissent régulièrement. « Il faut produire, c’est à la cravache », témoigne un participant. Patrick Martin veille au grain. Le 16 février, il écrit à leurs membres : pour faire tourner la « fabrique de la doctrine patronale », chaque commission voit ses travaux passés en revue. Et pour ceux qui n’auraient pas le temps de mener cette mission à bien, il est « bien en- tendu possible de vous en retirer ». La chose est prise au sérieux car l’heure est grave. Qu’il est loin le temps où le patron des patrons se plaignait du report de la sup- pression de la CVAE, un impôt de production ! Blocage politique, poids de la dette, creuse- ment du décit, record de défaillances d’en- treprises, remontée du chômage... Les mau- vais signaux économiques s’accumulent et les entreprises redoutent d’en payer la facture. Désaffection des adhérents. « Ils se sont mis au boulot comme jamais, insiste une source au Medef depuis longtemps. Ils ont compris que l’inuence et le lobbying, fondés sur la carte de visite du Medef et des rendez- vous off le soir avec des cabinets ministériels, ça ne sut plus ». Les temps changent, la mé- thode s’adapte. « Le gouvernement n’a plus aucun pou- voir. Avant, on allait à l’Elysée, à Matignon, sans dire qui on avait vu... Mais maintenant, le Premier ministre lui-même n’arrive pas à avoir un budget. Donc on se dit que c’est à travers des idées qu’on arrivera à convaincre plus de monde », complète Emmanuel Gui- chard, à la tête de la Fédération des entre- prises de beauté. Si le Medef n’était pas à l’initiative, d’autres la prendraient. Depuis un an et demi, les grands patrons, comme Florent Menegaux (Michelin) ou Patrick Pouyanné (TotalEnergies), sortent de leur réserve tradi- tionnelle et tapent du poing sur la table. Des collectifs naissent au gré des coups de gueule – comme « Trop c’est trop », né un jour de no- vembre 2025. Et puis, « le Medef redoute, comme toutes les organisations patronales et syndicales, la désaf- fection des adhérents... Il faut exister ! », ajoute Bernard Vivier, directeur de l’Institut supérieur du travail. Avec, en creux, l’envie de montrer du répondant face à une petite sœur ambitieuse qui agace : la Confédération des PME, récemment rebaptisée Les Entrepreneurs. lll Suite de la page 3 Sur le terrain aussi, les méthodes se re- nouvellent. Les municipales ont fait gure de galop d’essai – le Medef n’a pas manqué, là en- core, de lister une vingtaine de propositions à cette occasion. Dans la capitale, le Medef Pa- ris a monté l’Institut économique et formulé ses propositions autour de la mobilité ou de l’urbanisme auprès des candidats. « Certains ont fini par intégrer nos propositions dans leur programme. Par exemple, le maire élu Emmanuel Grégoire a suivi notre suggestion de mettre en place un système d’évaluation des politiques publiques. Au sein de l’exécu- tif municipal, des personnes sont désignées pour être référentes sur ces sujets et nous faisons le point avec le maire une fois par tri- mestre », rapporte Charles Znaty. En Moselle, à Metz et Saint-Avold, l’an- tenne locale a organisé un débat entre candi- dats à la mairie. « Aux précédentes élections, on avait réuni les candidats individuellement pour parler de leurs programmes. Cette fois, on a rédigé un livre blanc et suggéré des me- sures. Cela va dans le sens de ce que fait le Medef au niveau national », témoigne André Bousser, président de l’entité. Ses adhérents insistent auprès de lui : il faut absolument parler d’économie. @sarah_spritz @sarah_spritz X X Patrick Martin , le président du Medef, lors de la dernière édition de la REF, le 27 août 2025. SIPA PRESS Présidentielle : le plan de bataille du Medef 2027 approche et le Medef se met en ordre de bataille. Autour de son président Patrick Martin, l’organisation patronale s’appuie sur un nouveau tandem. Vincent Le Roux, son directeur de cabinet depuis 2023, est désor- mais accompagné d’un nouveau directeur général. Deux prols complémentaires, dont le nouvel attelage devra trouver le moyen de peser sur la dernière ligne droite avant la présidentielle. Julien Guez a été nommé en juin, six mois après le départ de Garance Pineau. Il connaît bien la maison – un impératif pour endosser le rôle de manager pour les 185 permanents qui travaillent au 55, avenue Bosquet, siège parisien du Medef. Ce docteur en droit était déjà au Medef en 2008, comme chef du ser- vice retraite et prévoyance, puis chef éco- nomiste en 2010, sous Laurence Parisot. Il a contribué à l’élaboration du programme pré- sidentiel du Medef pour 2012. Fin connaisseur du système des retraites, puisqu’il a travaillé au Conseil d’orientation des retraites (COR) précédemment, on le décrit comme un esprit vif et pédagogue. Il maîtrise aussi les rouages internes du Medef. Depuis 2014, il était directeur général de la Fédération nationale des travaux publics (FNTP). Son président siège au bureau du « Ils ne se mettent pas en avant personnellement. Et ce sont des loyaux de chez loyaux » Vincent Le Roux et Julien Guez, les « moines soldats » de Patrick Martin conseil exécutif du Medef, lieu où les grandes orientations et décisions sont prises, mais aussi terrain d’affrontement entre les dif- férents corps de métier représentés et qui n’ont pas toujours leurs intérêts parfaite- ment alignés. « Sens politique ». A ses côtés, Vincent Le Roux, dèle au poste. Avant de rejoindre le cabinet de Patrick Martin, cet ancien jup- péiste a acquis une solide expérience des coulisses du pouvoir. Chef de cabinet de Jean-Louis Debré au ministère de l’Intérieur en 1995, directeur de cabinet de Juppé à la mairie de Bordeaux, puis directeur général adjoint à l’UMP, il a aussi été conseiller tech- nique de Jacques Chirac à l’Elysée entre 2005 et 2007... C’est ensuite, en 2009, qu’il rejoint le Medef, comme directeur des adhérents, sous Laurence Parisot puis Pierre Gattaz, avant de diriger le cabinet de Patrick Bernasconi au Conseil économique, social et environne- mental (CESE). « Il a un sens politique tout à fait remarquable », loue Jacques Creyssel, ancien directeur général du Medef resté long- temps ensuite à la tête de la Fédération du Commerce et de la Distribution. « Solide et pragmatique », selon une autre source, il a la réputation d’être un bourreau de travail, tout comme le nouveau directeur général : « Ce sont des moines soldats, ils ne se mettent pas en avant personnellement. Et ce sont des loyaux de chez loyaux ». Pour que le binôme déploie pleinement ses ailes, « il faudra que Julien Guez trouve sa place par rapport à Vincent, qui fait tout depuis le départ de Garance Pineau », glisse un autre interlocuteur. S.S. Marine Le Pen les inquiète bien plus que Bardella, mais bien moins que Jean-Luc Mélenchon, épouvantail en chef des milieux économiques « Avant, on allait à l’Elysée, à Matignon, sans dire qui on avait vu... Mais maintenant, le Premier ministre lui-même n’arrive pas à avoir un budget. Donc on se dit que c’est à travers des idées qu’on arrivera à convaincre plus de monde » 26 août 2026 l ’Opinion 5 Un leader européen indépendant pour assurer vos intérêts, ça rassure ! DIOT-SIACI EST UN GROUPE DE CONSEIL ET DE COURTAGE D’ASSURANCE ET DE RÉASSURANCE LEADER EN FRANCE ET EN EUROPE En tant que leader européen, avec un centre de décision français, du courtage d’assurance, de réassurance et de la gestion des risques, nous sommes à vos côtés dans le monde entier. Protéger les intérêts et la souveraineté économique des entreprises, c’est assurer votre capital humain, vos actifs et vos engagements en toutes circonstances. L’été est passé, puis rien. Figés dans un glacis politique, les candidats de la droite et du centre se toisent toujours sans qu’aucun ne parvienne à s’imposer comme le prétendant légitime de son camp. Les sondages le disent, et désormais la huitième vague de l’enquête exclusive Toluna Harris Interactive pour CommStrat et l’Opinion. « Gabriel Attal et Edouard Philippe sont dans le même étiage, observe Jean-Daniel Lévy, direc- teur délégué de Harris Interactive France. Le pre- mier baisse un peu mais ce n’est pas un effondre- ment, le second se maintient mais sans envolée ». Avec un potentiel électoral de 27%, le maire du Havre s’octroie toutefois la deuxième place du classement, à quelques encablures de Ga- briel Attal qui obtient le score de 23%. De son côté, Bruno Retailleau descend de deux points par rapport à l’enquête de juillet avec un score de 24%. Pas de quoi les départager. Pas de quoi non plus pousser leurs électeurs à tourner leurs regards vers un candidat alternatif. Jouée un temps cet été, la petite musique Sébastien Lecornu n’est pas parvenue jusqu’à leurs oreilles. Pas plus que la mélodie Christine Lagarde ou le petit air Jean Castex. Le Premier ministre reste immobile avec un potentiel élec- toral de 21 %, la présidente de la BCE obtient 17 %, juste devant le patron de la SNCF à 16 %. Sans candidat évident ni scénario alternatif, le bloc central s’inquiète. « Je veux un seul candi- dat très vite, tempête un député Renaissance. Si on se décide en février, ça sera beaucoup trop tard, nous serons rayés de la carte ». Car autour d’eux, la tenaille des extrêmes se resserre. « Malgré sa lourde condamnation et un été marqué par les canicules et les incendies, Marine Le Pen reste très haut car les électeurs se focalisent sur l’immigration et le pouvoir d’achat », observe Jean-Daniel Lévy. Avec un potentiel électoral de 41 %, la candidate RN surclasse tous ses concurrents. Une constante depuis le début de l’enquête. Tout comme la forte présence dans le haut du classement de personnalités d’extrême droite comme Marion Maréchal (27 %), Eric Ciotti (24 %), Sarah Knafo (19 %), Philippe de Villiers et Eric Zemmour (18%) ainsi que Nico- las Dupont-Aignan (17%). Englués. De l’autre côté du spectre, le po- tentiel électoral de Jean-Luc Mélenchon paraît surprenant pour un candidat présenté comme en mesure de se qualier pour le second tour. Le leader de la France insoumise n’obtient que 14%, score stable depuis le début de l’enquête. Dans le détail toutefois, Jean-Luc Mélen- chon est le candidat qui bénécie du plus fort potentiel électoral dans sa famille politique, avec 84%. « Il a rassemblé son camp et peut dé- sormais adoucir son image avec une campagne à tonalité plus socialiste », prévient Jean-Daniel Lévy. Car de son côté, la gauche sociale-démo- crate est toujours engluée dans la pétole molle. Seule personnalité de gauche à se placer dans les dix premiers du classement, Raphaël Glucksmann perd trois points, à 21 %. Malgré leurs petits « bougés » respectifs de l’été, Ber- nard Cazeneuve et François Hollande restent stables avec un potentiel électoral de 19 %. Quant aux candidats à la primaire socialiste, déclarés ou non, ils se voient tous relégués loin derrière, dans le ventre mou du classement. Dernier enseignement de cette enquête en- n, plus aucun outsider ne semble en mesure de surgir dans la dernière ligne droite, à la manière d’Eric Zemmour en 2022. Longtemps bien placé en haut du classement, Michel-Edouard Leclerc est désormais sur le reculoir à 18%. « Alors que l’on entre dans le cœur du débat politique, l’idée d’une personnalité qui s’imposerait dans le jeu depuis l’extérieur n’existe plus », résume Jean- Daniel Lévy. Place aux professionnels donc. @fxbourmaud @fxbourmaud X X Présidentielle : dans notre baromètre, la tenaille des extrêmes se resserre sur le bloc central Gabriel Attal et Edouard Philippe ne parviennent pas à se départager et agitent le spectre d’un duel des extrêmes au second tour de l’élection présidentielle de 2027 Exclusif Publiée depuis avril 2025, l’enquête exclusive Harris Interactive pour CommStrat et l’Opi- nion évalue la capacité de soixante candidats potentiels à l’élection présidentielle à recueil- lir des suffrages sur leur nom. Marine Le Pen s’impose toujours en haut du classement alors que le potentiel électoral des candi- dats de la droite et du centre ne permet pas de les départager. Si celui de Jean-Luc Mélenchon reste faible et stable depuis le début de l’enquête, il bénécie toutefois du plus fort soutien au sein de son camp. François-Xavier Bourmaud SOURCE : RAPPORT TOLUNA/HARRIS INTERACTIVE Le potentiel électoral ne constitue nullement une intention de vote. Il reflète avant tout la possibilité de voter pour une personnalité mais ne donne pas d’indication sur la transformation effective en vote à l’issue de la campagne. Le moment du vote constitue un choix dans le cadre d’une offre définie et concurrentielle. Ici, les personnes interrogées étaient invitées à répondre favorablement ou défavorablement à chacun des noms leur étant proposés. Enquête réalisée en ligne du 29 au 30 juillet 2026, sur un échantillon de 1 111 personnes représentatives de la population française de 18 ans et plus, dont 941 personnes inscrites sur les listes électorales, selon la méthode des quotas. Le potentiel électoral des différentes personnalités publiques françaises Si l’élection présidentielle en France avait lieu dimanche prochain, pourriez-vous voter pour chacune des personnalités suivantes ? En % de « Oui » 14 14 14 14 14 13 13 13 13 12 12 12 12 10 Laurent Berger Nathalie Arthaud Boris Vallaud François Bayrou Xavier Niel Yannick Jadot François Asselineau Delphine Batho Aurore Bergé Karim Bouamrane Vincent Lindon Matthieu Pigasse Anasse Kazib Francis Lalanne Juan Branco Nicolas Dupont-Aignan Christine Lagarde Jean Castex Sébastien Lecornu Michel-Edouard Leclerc Philippe de Villiers François Hollande Sarah Knafo Xavier Bertrand Bernard Cazeneuve Eric Ciotti Nicolas Sarkozy Eric Zemmour Jean-Louis Borloo Raphaël Glucksmann Gabriel Attal Edouard Philippe Marine Le Pen Bruno Retailleau Marion Maréchal 41 27 27 24 24 23 21 21 21 19 19 19 19 18 Gérard Larcher Jérôme Guedj Dominique de Villepin Arnaud Montebourg François Baroin David Lisnard Bruno Le Maire François Ruffin Fabien Roussel Florian Philippot Teddy Riner Patrick Sébastien Olivier Faure Elisabeth Borne Laurent Wauquiez Yaël Braun-Pivet Jean-Luc Mélenchon Ségolène Royal Michel Barnier Marine Tondelier Manuel Valls 18 18 18 17 17 16 16 16 16 16 15 15 15 15 10 10 10 10 10 9 9 9 9 9 8 7 7 7 6 l’Opinion 26 août 2026 Triangulation Un quart des enseignants (26 %) se déclarent sympathisants de la gauche socialiste ou écologiste , 18% du bloc ce n- tral, quand 16% se positionne nt à l’e xtrê me droite e t 12 % proche s de la gauche radi- cale , se lon une note de Luc Rouban, dire c- te ur de re che rche au CNRS e t me mbre du Ce vipof, publié e e n juille t. Se uls 6 % se dise nt de droite . Christine Ollivier Apres des clins d’œil appuyé s à droite , un pe tit clin d’œil à gauche : Edouard Philippe s’e ssaie à un subtil « e n mê me te mps » é le c- toral. Jusque -là, le candidat Horizons s’é tait conce ntré sur la consolidation de son flanc droit, soucie ux de rassure r un é le ctorat par- fois ré tif face à un ancie n Pre mie r ministre d’Emmanue l Macron. En « homme de droite », il a ainsi insisté sur sa volonté de « ré tablir le s compte s » publics e t pré ve nu qu’il de mande - rait « de s e fforts » aux Français, e t e n particu- lie r de travaille r davantage . Parallè le me nt, le candidat Horizons a mus- clé son discours sur l’immigration. Aprè s avoir tancé l’Espagne ce t é té pour sa politique de ré - gularisations massive s, le Havrais a fait sa re n- tré e politique à Mayotte , où il e nte nd « fe rme r le s vanne s de l’immigration ». Me ssage re çu cinq sur cinq che z Le s Ré publicains. La pré - side nte de l’Ile -de -France , Valé rie Pé cre sse , a salué « de s signe s de conve rge nce politique trè s inté re ssants ». Change me nt de pie d lundi soir. En dé voi- lant se s propositions sur l’é ducation dans Le Figaro , Edouard Philippe s’e st adre ssé ce tte fois à un é le ctorat traditionne lle me nt ancré à gauche : le s e nse ignants. Lui pré side nt, il aug- me nte ra de 20 % e n moye nne le urs ré muné - rations e n cinq ans. Un e ffort « massif », mais « indispe nsable », se lon lui. Se s argume nts ne sont pas se ule me nt son- nants e t tré buchants. Ce ls de profs pré se nte l’é ducation comme la « priorité numé ro un » de son mandat. « L’é cole publique m’a ouve rt de s porte s que ni me s grands-pare nts ni me s pare nts n’auraie nt imaginé e s pour moi, é crit-il sur X. Je sais ce que je lui dois e t je ve ux qu’e lle puisse e ncore change r de s vie s. » Une touche de social. De quoi parle r à la fois au cœur e t au porte fe uille de s profe s- se urs. « C’e st malin : c’e st une touche de social, qui n’é tait pas son point fort jusqu’à pré se nt, e t acce ssoire me nt, c’e st un appât pour un é le ctorat qui e st quand mê me massif », note un conse ille r LR. L a France comptait e n e ffe t plus de 850 000 e nse ignants e n 2025. Or, si le Rasse m- ble me nt national y progre sse , ils re ste nt majo- ritaire me nt hostile s aux e xtrê me s. Se lon une note de Luc Rouban, dire cte ur de re che rche au CNRS e t me mbre du Ce vipof, publié e e n juille t, un quart d’e ntre e ux se dé clare nt sympathi- sants de la gauche socialiste ou é cologiste , 18% du bloc ce ntral, quand 16 % se positionne nt à l’e xtrê me droite e t 12 % proche s de la gauche radicale . Se uls 6% se dé clare nt de droite . Alors que la gauche non mé le nchoniste , divisé e , pe ine à se trouve r un champion, Edouard Philippe pe ut e spé re r y grappille r le s que lque s points qui lui pe rme ttraie nt de cre use r l’é cart ave c le candidat Re naissance , Gabrie l Attal, qui se rapproche dange re use - me nt de lui dans le s de rnie rs sondage s. Mais la triangulation e st un e xe rcice pé rille ux. « Le dé roulé de la se maine , un coup à droite , un coup à gauche , fait pe nse r au "e n mê me te mps", me t e n garde un conse ille r LR. Or, le pire dange r pour Edouard Philippe e st d’ap- paraître comme le candidat de la continuité du macronisme . » Consensus. Le risque e st toute fois calcu- lé . D’abord parce que la me sure e st nancé e , assure le Normand. « Ave c prè s d’un million d’é lè ve s e n moins, nous avons le s moye ns de continue r à ré duire le s e ffe ctifs dans le s classe s là où c’e st né ce ssaire e t de mie ux ré muné re r le s profe sse urs sans dé grade r le s nance s pu- blique s ». Ensuite parce que l’idé e de mie ux paye r le s e nse ignants fait dé sormais conse n- sus, y compris à droite . Te rminé e l’é poque où François Fillon pro- me ttait de supprime r 500 000 poste s de fonc- tionnaire s. Il n’e st dé sormais plus de bon ton à droite de s’e n pre ndre aux se rvice s publics. En 2022, Valé rie Pé cre sse prome ttait d’aille urs dé - jà d’augme nte r le traite me nt de s e nse ignants e n dé but de carriè re . Tout comme Gabrie l Attal, qui a annoncé mardi dans Le Monde vouloir re valorise r le salaire de s profe sse urs « de 200 e uros ne t par mois, jusqu’à 500 e uros ne t pour le s milie ux de carriè re », le candidat LR, Bruno Re tail- le au, de vrait plaide r lui aussi pour une hausse de le ur ré muné ration lors de la pré se ntation de son proje t sur l’é ducation, le 31 août à Bou- logne -Billancourt. « On e st tous d’accord pour dire que le s profe sse urs français sont insuffi- samme nt payé s par rapport aux standards e uropé e ns », souligne le sé nate ur LR Max Bris- son, qui le conse ille sur le suje t. « Mais ave c que l arge nt ? s’agace dé jà l’an- cie n Pre mie r ministre , François Bayrou. Ce sont de s prome sse s dont ils ne pe uve nt pas ignore r qu’e lle s sont folle s », a-t-il accusé lundi sur BFMTV. Re ste à savoir, aussi, si le s profs se - ront se nsible s à ce s mains te ndue s. La ré plique de Je an-Luc Mé le nchon, e n tout cas, n’a pas tardé : « Le s de ux ancie ns Pre mie rs ministre s de Macron propose nt aujourd’hui (...) d’aug- me nte r le s salaire s qu’ils ont ge lé s pe ndant dix ans », a ironisé l’insoumis sur X. @Chr_Ollivie r @Chr_Ollivie r X X Le subtil « en même temps » électoral d’Edouard Philippe En proposant d’augmenter de 20 % en cinq ans la rémunération des enseignants, le candidat Horizons tend la main à un électorat classé à gauche Edouard Philippe , candidat Horizons à l’é le ction pré side ntie lle de 2027, e n me e ting à Re ims, le 10 mai. SIPA PRESS brie l Attal, lui a e mboîté le pas, le le nde main. « Le mé tie r a é té progre ssive me nt smicardisé (...) Je souhaite que le s e nse ignants soie nt re valorisé s de 200 e uros ne ts par mois, jusqu’à 500 e uros ne t pour le s milie ux de carriè re », a dé claré au Monde l’ancie n ministre de l’Education. Un moye n d’arme r le ur soutie n aux pro- fe sse urs aprè s la polé mique provoqué e par une é tude du se rvice statistique de l’Educa- tion nationale affirmant qu’e n moye nne , le s e nse ignants gagnaie nt 3 090 e uros par mois. De s chiffre s qui ont fait bondir la profe ssion. Le calcul « mé lange le s salaire s sans distingue r l’ancie nne té , le s nive aux d’e nse igne me nt » e t e xclut « le s contractue ls, parmi le s pe rson- ne ls le s plus pré caire s dans l’Education natio- nale ! », dé nonce le Sne s-FSU, qui pré voit un mouve me nt de grè ve le 29 se pte mbre . Encadrement. Mais par-de là la bataille de l’attractivité du mé tie r, la dé natalité place la France à un carre four. Moins d’e nfants sur le s bancs de l’é cole doit-il rime r ave c de s é conomie s sur le budge t de l’Education nationale – le pre - mie r poste de dé pe nse s de l’Etat ? Ou e st-ce l’oc- casion d’inve stir davantage dans le te mps e t l’e n- cadre me nt accordé s à chaque é lè ve ? « Le pre - mie r obje ctif se ra d’atte indre moins de 20 é lè ve s par classe e n primaire grâce à la baisse dé mo- graphique . Ce rtains voie nt dans ce phé nomè ne l’occasion de faire de s é conomie s massive s; moi, je pe nse qu’on ne pe ut pas faire d’é conomie sur le dos de l’é cole », tranche Gabrie l Attal. La France possè de e n e ffe t de s marge s d’amé lioration sur l’accompagne me nt de s C’est une marée descendante dans la- que lle toute la France comme nce à patauge r. La dé natalité n’e st plus un vague horizon, e lle e st une ré alité . Dans dix ans, la France aura pe rdu plus d’1,6 million d’é lè ve s, soit 14,2 % de sa population scolaire . Dans une re ntré e de s classe s trè s politique , le s candidats, d’Edouard Philippe à Gabrie l Attal, e n passant par Raphaë l Glucksmann qui prome t « un plan de sauve tage de l’é cole publique », e nte nde nt tous se saisir du suje t. Le maire du Havre a lancé la valse de s proposi- tions, dans une inte rvie w accordé e au Figaro , le 24 août. « Dans le s cinq ans qui vie nne nt (...) nous allons passe r de 12 à 11 millions d’é lè ve s. Il nous faut prote r de ce tte baisse dé mogra- phique pour conce ntre r davantage de moye ns sur le s pe tite s classe s e t re donne r aux profe s- se urs la capacité d’e xe rce r le ur mé tie r dans de bonne s conditions. » Salaires. Au programme du candidat Hori- zons, une hausse de 20 % de la ré muné ration moye nne de s e nse ignants. Son concurre nt, Ga- é lè ve s. Du CP au CM2, la dé pe nse par é lè ve y e st infé rie ure de 11 % à la moye nne de l’OCDE (7 388 € contre 8 331 €). Malgré le s dé double - me nts dans le s zone s d’é ducation prioritaire , le s classe s française s re ste nt parmi le s plus chargé e s ave c 21,3 é lè ve s e n moye nne , contre 20,1 che z se s voisins. Alors que la chute du nombre d’é lè ve s gagne le s collè ge s, re ste dé sormais à savoir comme nt le s pouvoirs publics e n tire ront parti. « Le s e ffe c- tifs du pre mie r de gré (...) de vraie nt re cule r de 19% supplé me ntaire s d’ici à 2034, ave c de forte s disparité s se lon le s te rritoire s », indique l’Institut de s politique s publique s dans un rapport sur la straté gie face à la baisse dé mographique . Si la straté gie adopté e consiste à conse rve r la mê me taille de classe , la dé natalité « pe rme t- trait de supprime r e nviron 50 000 poste s d’e n- se ignants d’ici à 2034, ré duisant la dé pe nse pu- blique annue lle d’e nviron 3,4 milliards d’e uros à ce t horizon », é crive nt se s aute urs. A long te rme , ce s suppre ssions de poste s se ré vé le raie nt toute fois « moins re ntable s sociale - me nt qu’un maintie n de s e ffe ctifs e nse ignants, qui fe rait passe r la taille moye nne de s classe s de 22,4 à 18,2 é lè ve s e ntre 2024 e t 2034 ». Se lon l’IPP, ce tte diminution du nombre d’é lè ve s par profe sse ur, plus favorable aux appre ntissage s, pourrait amé liore r le s traje ctoire s scolaire s e t salariale s de s appre nants, pour un gain é cono- mique e stimé à 4,5 milliards d’e uros. Charge aux candidats de dé nir si l’é cole doit ê tre un te rrain d’é conomie s ou d’inve stisse me nts. Rémi Barbet @Re mi_Barbt @Re mi_Barbt X X Education : la dénatalité, l’éléphant dans la pièce Dans dix ans, la France aura perdu plus d’1,6 million d’élèves, soit 14,2 % de sa population scolaire « L’école publique m’a ouvert des portes que ni mes grands-parents ni mes parents n’auraient imaginées pour moi. Je sais ce que je lui dois et je veux qu’elle puisse encore changer des vies » Message personnel François Patriat, sé nate ur de Côte -d’Or e t ancie n ministre , e st mort à 83 ans le me r- cre di 19 août. Mardi, le Président, des personnalités politiques, ex-ministres et conseillers d’Emmanuel Macron, ont assisté à ses obsèques dans la collégiale de Semur-en-Auxois. Corinne Lhaïk Mardi 25 aout 2026. La macronie e nte rre l’un de s sie ns, François Patriat, sé nate ur socialiste de ve nu macroniste , sé duit par Emmanue l Ma- cron dè s le s pre mie rs pas du je une ministre de l’Economie . Ils sont ré unis dans la collé giale de Se mur-e n-Auxois (Côte -d’Or) pour un de rnie r hommage . A quoi pe nse nt Julie n De normandie , Richard Fe rrand, Christophe Castane r, Ale xis Kohle r, François Bayrou, Sté phane Sé journé ? Ils ont partagé la mê me é popé e comme ncé e il y a un pe u plus de dix ans. Elle va bie ntôt s’ache ve r. Alors le s mots du Pré side nt ré sonne nt comme un double me ssage . D’abord un é loge af- fe ctue ux de ce compagnon d’une irré prochable dé lité . « Comme nt ne pas dire tout ce que je lui dois ? De puis douze ans, il ne m’a jamais quitté , il fut de tous le s combats. » Ensuite , une pointe d’acide aux ingrats, ce ux qui font l’inve ntaire de se s mandats. Le Pré side nt pe ut-il ne pas pe nse r à Edouard Philippe ou Gabrie l Attal ? François Patriat, lui, pre nait tout e n bloc. Toujours pré se nt pour dé fe ndre le Pré side nt, ave c sa fougue inconditionne lle e t sincè re , y compris dans le s