Barking Dog : Corrigé P our ce qui relève des bu dgets et des recettes, le site IMDB est un e véritab le référence, mais vous pouvez aussi croiser avec Wikipedi a ( pensez à c ons ulter é galement les pag es en anglais, très souvent plu s c omplètes). 1. L e budget du film était de 800.000 dollars. Peu élevé par rapport aux films holly woodiens, il est également en dessous du budget moyen d ’ un film français (un peu plus de 5 millions d ’ euros en 200 0 – année de sortie de Barking Dog, 4 millions de nos jours). Le cinéma c oréen au débu t des années 2000 est en pleine effervescence, et de nombreux réalisateurs vont animer ce qu ’ on peut app eler une « nouvelle vague corée nne. » Dan s ce contexte, le budget alloué au premier film de Bong est plutôt élevé. 2. L e film ne rapp orte que 40.000 dollars. B ong espérait un succès en salle, et doit reconnaître à l ’ époque q ue c ’ est un véritable flop. L e réalisateur pou rra néanmoins refaire un film , le remarquable (et très différent) Memories of Mu rder , pour un budget de 2.800.000 dollars, qui sera un nouvel éche c au box office (moins d ’ un million de dollars de recette ... ). P our la petite histoire, ce film a pour sujet une enquête autour de crimes en sér ie, basée sur un v érit able t ueur qui n ’ avait pas encore été arrêté quand le film est sorti (il n ’ a été arrêté qu ’ en 2019). Il faudra attendre la sortie de son 4 ème long - métrage (! !) pour qu ’ un de ses films ne rapporte de l ’ argent ( The Host, budget de 12 millions de doll ars, 90 millions d e recett es, de quoi compenser ses précédents déboires ). En France , et aux USA, un réalisateur dont le film ne rentre pas dans ses frais a peu de ch ances de pouvoir refaire un film, et s ’ il est e n gagé à nouveau, ce sera probabl em ent un film de commande sur lequel il aura peu de libertés arti stiques. 3. L e format est 1.85. Br avo, personne n ’ a fai t d ’ erreur ! 4. A propos du genre. Vous l ’ aurez probablement re m arqué, Barking Dog est un film hybride, à la c rois ée des routes entre plus ieurs genres, dont il reprend les codes pour mieux p erd re le spectateur. Quel fi lm regardons - nous finalement ? E st - ce une comédie , un drame, un film social, un thriller, un film d ’ action ? C ’ est un peu tout ça. Les fi lms de Hong - Jo Bo ng sont un rem arquable creuset , qui vont ex plorer les rapprochements possibles d e tous ces genres. Un des me illeurs exemples est The Host , où le drame familial rencontre le film de monstre géant et la comédie loufoque. 5. C ’ est l ’ un des p o ints com muns avec P arasite , o ù les dernières séquences m ettent en scène des plans g ore là où on ne les attendait vraiment pas. L ’ un e des forces de ce type d ’ approche, c ’ est la surprise : le genre repose sur la conn aissance des règles et des co des, et les sp ectateurs peuvent déduire la suite de ce qu ’ ils vont voir en fonction de leur connaissance du genre. Hors, ici, c ’ est le genre lui - même qui peut c hanger en cours de route. Po ur d ’ autre s films avec une approche si milair e, regardez les excellents (mais dér angeants) The Strangers de Na Ho ng - Jin (Corée, 2016 , complètement fou, avec des acteurs qu e vous reconnaitrez maintenant ), et Mulholland Drive de D a vid Ly nch (USA , 2001, un fi lm labyrinthe dans le quel vous vous perdrez). 6. Pour les personnages, vous pouvi ez évoquer le fait que ce film n ’ a pas de « héros » , de per sonnage princi pal dicté par l ’ intr igue. Le temps à l ’ écran donne ce rôle à Yun - Ju, mais il n ’ est pas aimabl e, on pense qu ’ il va accéder à un statu t de héros à un moment d u film, en s ’ assumant face à sa femme tyrann ique , en affrontant sa situation professionnelle inju ste, ou en investi ssant une rel ation amour euse avec le personnage de Hy eon - Nam. M a is rien de tout cela ne se produit. Pour cha cun des personnages du film, il n ’ a aucun « dénouement dramatique » ordinaire, ce qui permet de mieux appréci er leur parcours dans le film , et d ’ évacuer l a possibilité de « s ’ identif ier » à eux. Quelques - unes de v os réponses : Hyeon - Nam est mise en valeur par l'éclairage car son visage est souvent éclairé, ell e un sweet jaune qui attire l'oeil et il y a souvent des gros plans ou plans rapprochés sur elle L e con cierge se rend dans les caves la nuit, pour manger. Il est souvent mis en scène de manière comique, comme lorsqu'il est interviewé et qu'il ne le sait pas. Parce qu'il a mangé les deux premiers chiens , j'ai d'abord cru que c'était lui une fois de plus, vu que Yun - Ju l'a croisé peu avant. Je pense que ce plan avait pour but de semer la confusion chez le spectateur, afin de faire passer Choi pour une hallucination. 7. Quelques - unes de vos réponses : C e film nous montre le s début s de Bong Joon - Ho. C'est un film très intéressant cinématographiquemen t car il nous montre plusieurs manières de filmer, comme la caméra portée ou avec des effets comme le ralenti. J e trouve que le montage réussit à donner à la fois un aspect comique et angoissant au film malgré un scénario médiocre. Il i mporte ici plus encore qu ’ ailleurs de justifier vo tre poi nt de vue avec un angle tec hnique, objectif. Dire, « le film est trop lo ng » o u « trop lent » n ’ a aucun sens. En musique par exemple, difficile de dire, « le reggae c ’ est nu l parce que c ’ est lent , et le brutal death c ’ est bien parce que c ’ est rapide. » M ême chose au cinéma. D ’ autre part, la sensation de lent eur dans un film est subjective : quel genre de films re gardez - vous ? Combien de plan s con tiennent - ils en moyenne ? Cela peut semb ler très / trop technique, mais ça va avoir une vraie incidence sur vos goûts et vo s ha bitudes de spectateur. La durée mo yenne des pl ans de Jurassi c Park est de 6.2 se condes, bien plus lent en théorie que Resident Evil 2 et son montage épileptique à 1.64 se condes, et po u rtant ... Enfin, en ce qui con cerne la souffrance animale, a ttention là aussi aux jugemen ts de morale ! Pas question pour vous de revenir s ur vos con victions, évidemment c ’ est à respecter. En re v anche, dif fi cile d ’ a f fi rmer ici que le film fait la promo tion de la souffrance animale, sinon à considérer que Psychose fait l ’ apol ogie des tueurs en sé rie et La Pe tite Sir ène est en fai t un film satanique (ha, cette sorcière , quand m ême). Ne confonde z donc pas l ’ histoire telle qu ’ elle est racontée et les vues morales du ré al isate ur. Méfiez - vous des prises de position simplistes ( Captain Marvel et son féminisme de pac otille par exemple). On p eut c lairement dire ici que dans l ’ intr igue, les chiens (fictifs je le rappelle) ne sont pas tu és gratuitement, ce sont de vér itables « meurtres » mis en scène comme dans un t h riller trad itionnel, et l ’ ass assin e st poursuivi, il y a une enquête, etc. Sans ces « assa ssi nats » , le film d evient incompréhensible, ils sont donc inco ntour nables dans l ’ histoire. D ’ ailleurs, c ’ est aussi à c ause de sa haine des chiens que Yun - Ju n ’ accède pas au statut de héros.