FOOTNOTES: 1. « Ce qui apparaît dans l’histoire est toujours né d’autre chose que lui-même. » « Ce n’est pas une origine qui est à chercher, mais une naissance toujours déplacée. » — Leçons sur la volonté de savoir , leçon du 16 décembre 1970, p. 27. « ... quelque chose qui serait la description de l’archive et non du tout la découverte d’un commencement ou la remise au jour des ossements du passé. » — « La naissance d’un monde », mai 1969, Dits et écrits , I, n° 68. « ... Naissances technico-institutionnelles de la cécité, de la surdi-mutité, des imbéciles, des retardés, des nerveux, des déséquilibrés. » — Les anormaux , Résumé du cours, § « L’individu à corriger » ; Dits et écrits , II, n° 165. « ... non pas de réveiller les textes de leur sommeil actuel pour retrouver ... l’éclair de leur naissance ; il s’agit au contraire de ... lever les thèmes apparentés du sommeil, de l’oubli, de l’origine perdue ... » — L’archéologie du savoir , III, iv, « Rareté, extériorité, cumul ». « Elle n’essaie pas de constituer pour le déjà dit l’instant paradoxal de la seconde naissance ; elle n’invoque pas une aurore sur le point de revenir. » — L’archéologie du savoir , III, v, « L’a priori historique et l’archive ». « La médecine moderne a fixé sa propre date de naissance, comme étant, sinon mythique, du moins rétrospective, dans les dernières années du XVIIIᵉ siècle. » — Naissance de la clinique , Préface, p. iii. « La naissance de nouvelles formes de rapports économiques ... » « ... la naissance de la réflexion économique en corrélation avec ce problème politique. » « La genèse de ce que j’ai essayé de faire cette année ... » — Sécurité, territoire, population , Résumé du cours, pp. 374, 376. « ... de quelque qualité et naissance ... » — Édit de fondation de l’Hôpital général, 27 avril 1656, cité dans Histoire de la folie à l’âge classique , première partie. 2. Texte prononcé : « ... on voit l’irruption du problème de la « naturalité » de l’espèce humaine à l’intérieur d’un milieu artificiel. » Note manuscrite : « Dire que c’est l’irruption de la “naturalité” de l’espèce humaine dans le champ des techniques de pouvoir serait trop dire. Mais on voit se dessiner comme un nouveau découpage du réel. » — Sécurité, territoire, population , leçon du 11 janvier 1978, p. 23 et note a « Je ne veux pas dire que c’est à ce moment-là que naît la ville-marché, mais que c’est à ce moment-là que la ville-marché devient, pour une économie politique, un instrument de réflexion et d’analyse. » — Sécurité, territoire, population , leçon du 5 avril 1978, p. 346. « ... à la racine de la connaissance, au point historique de son irruption, il y a un désir ; et que ce désir n’a pas de parenté avec la connaissance. Ni de parenté au niveau des fins, ni de parenté d’origine ou de nature. » « ... le sujet connaissant, lui, n’est pas donné ; il est produit dans un rapport de forces. » — Leçons sur la volonté de savoir , leçon du 16 décembre 1970, p. 26. « ... Moheau, auteur des Recherches et considérations sur la population de la France , 1778 — qui est sans doute le premier grand théoricien de ce qu’on pourrait appeler la biopolitique, le bio-pouvoir. Il en parle d’ailleurs à propos d’autre chose qui est la natalité. » « ... s’il veut changer l’espèce humaine, c’est bien, dit Moheau, en agissant sur le milieu. » — Sécurité, territoire, population , leçon du 11 janvier 1978, pp. 23-24. « ... ce qui est nécessaire pour rendre compte de l’action à distance d’un corps sur un autre. » — Sécurité, territoire, population , leçon du 11 janvier 1978. « Désormais, puisque la matrice est devenue cet objet sacré ... il faut connaître la matrice. [...] il y a chaque année un million d’enfants qui pourraient voir le jour ... Les femmes sont précieuses parce qu’elles reproduisent ; les enfants sont précieux parce qu’ils fournissent une population. » — Les anormaux , leçon du 22 janvier 1975, sur Jacques Duval. « ... la matrice des expériences de la sexualité. » — Subjectivité et vérité , leçon du 14 janvier 1981, p. 39, note c (manuscrit). « ... un phénomène important a marqué l’apparition de ce qui n’est pas un nouveau code de comportement sexuel, mais constitue la matrice d’une nouvelle expérience, ce quelque chose que les chrétiens appellent la chair. » — Subjectivité et vérité , leçon du 25 mars 1981, p. 259. « ... imaginez qu’on prenne des enfants trouvés au moment même de la naissance, et qu’on les mette, avant même qu’ils aient commencé à parler ... à l’intérieur du panoptique. Eh bien, dit Bentham, on pourrait ainsi suivre “la généalogie de chaque idée observable” ... » — Le pouvoir psychiatrique , leçon du 28 novembre 1973, p. 80, rapportant Bentham. « L’homme est devenu un objet de science positive dans l’ouverture créée par sa propre élimination. [...] C’est de la déraison qu’est née la psychologie ; de l’intégration de la mort dans la pensée médicale, une médecine qui se donne comme science de l’individu. » — Naissance de la clinique , Conclusion. 3. « ... suivre la formation de certains types de savoir à partir des matrices juridico-politiques qui leur ont donné naissance et qui leur servent de support. » « ... trois grandes matrices “juridico-politiques” qui marquèrent l’avènement de certains savoirs : la mesure, l’enquête et l’examen. » — Résumé du cours, Leçons sur la volonté de savoir , Annuaire du Collège de France , 1970-1971. « Ce que j’essaie de repérer sous ce nom, c’est, premièrement, un ensemble résolument hétérogène, comportant des discours, des institutions, des aménagements architecturaux, des décisions réglementaires, des lois, des mesures administratives, des énoncés scientifiques, des propositions philosophiques, morales, philanthropiques, bref : du dit, aussi bien que du non-dit [...]. Le dispositif lui-même, c’est le réseau qu’on peut établir entre ces éléments. » « ... par dispositif, j’entends une sorte [...] de formation, qui, à un moment historique donné, a eu pour fonction majeure de répondre à une urgence. Le dispositif a donc une fonction stratégique dominante [...] la résorption d’une masse de population flottante ... » — « Le jeu de Michel Foucault », Ornicar ? , juillet 1977 ; Dits et écrits , III, n° 206. « ... Dispositif de pouvoir et jeu de vérité, dispositif de pouvoir et discours de vérité, c’est un peu cela que je voudrais examiner cette année ... » — Le pouvoir psychiatrique , leçon du 7 novembre 1973, p. 15. « Ce dispositif type est finalisé par quoi ? Par quelque chose qu’on peut appeler, je crois, la “normalisation”. » — Les anormaux , leçon du 15 janvier 1975. « ... troisième caractère du dispositif disciplinaire, qui l’oppose au dispositif de souveraineté : les dispositifs disciplinaires sont isotopiques ... Les différents dispositifs disciplinaires doivent pouvoir s’articuler entre eux. » — Le pouvoir psychiatrique , leçon du 21 novembre 1973, p. 54. « L’étude que voici obéit à quatre règles générales ... [replacer] l’histoire du droit pénal et celle des sciences humaines ... [sur] une matrice commune ... » « Ces sciences dont notre “humanité” s’enchante depuis plus d’un siècle ont leur matrice technique dans la minutie tatillonne et méchante des disciplines. » — Surveiller et punir , pp. 27-28 ; p. 227. « ... l’armée comme matrice d’organisation et de savoir. » — « Questions à Michel Foucault sur la géographie », Dits et écrits , III, n° 169, p. 40. « ... matrices normatives de comportement. » — Le gouvernement de soi et des autres , cours de 1982-1983. « Ô cruauté, ô misère grande, ô suprême impiété de reconnaître que tant d’âmes, qui seraient promues à la lumière de ce monde [...] ne demandent qu’un dispositif de notre part. » — J. Duval, Réponse au discours fait par le sieur Riolan , pp. 34-35, cité dans Les anormaux , leçon du 22 janvier 1975. « ... il n’y a pas l’âge du légal, l’âge du disciplinaire, l’âge de la sécurité ... » — Sécurité, territoire, population , leçon du 11 janvier 1978. 4. « La recherche de l’origine, c’est la tentative pour saisir l’essence exacte des choses, leur pure possibilité, leur identité soigneusement repliée sur elle-même, leur forme immobile et antérieure à tout ce qui est extérieur, accidentel et successif. » — « Nietzsche, la généalogie, l’histoire », Dits et écrits , II, n° 84. « Ce qui est en question, ce n’est pas l’origine solennelle de la monnaie, son jaillissement mythique. C’est tout un réseau de pratiques, de dettes paysannes, de subterfuges dans l’installation de la monnaie, de rites de purification déplacés — ces humbles petites origines, cette genèse modeste, ce commencement sans éclat. » — Leçons sur la volonté de savoir , leçon du 9 décembre 1970, p. 18. « Contre la vieille formule d’Aristote — “Tous les hommes ont, par nature, le désir de connaître” —, Nietzsche propose une toute autre image ... La connaissance n’a pas d’origine, mais une histoire. C’est-à-dire que l’invention est partout opposée à l’origine. » — Leçons sur la volonté de savoir , leçon du 9 décembre 1970, p. 11. « ... le point embryonnaire de cette gouvernementalité ... » « L’État moderne naît ... lorsque la gouvernementalité est devenue effectivement une pratique politique calculée et réfléchie. » — Sécurité, territoire, population , leçon du 8 février 1978. « Cette transformation a son point d’origine, sa condition de possibilité historique, dans cette émergence de l’instinct. [...] C’est dans ce jeu entre les deux pouvoirs, c’est dans leur différence et dans leur engrenage, dans les besoins qu’ils avaient l’un de l’autre, les appuis qu’ils prenaient l’un sur l’autre, c’est là que s’est fait le principe de la transformation. » — Les anormaux , leçon du 5 février 1975. « ... En fait, cette émergence a une longue préhistoire : le développement conjoint des techniques de direction de conscience (dans la nouvelle pastorale née de la Réforme et du concile de Trente) et des institutions d’éducation. » — Les anormaux , Résumé du cours, § « L’onaniste » ; Dits et écrits , II, n° 165. « ... la question de son origine pourrait être bien futile. [...] elle a tout de même des allures un peu naïves de responsabilisation. Faute à Voltaire, faute à Rousseau ? ... l’idée qu’il y aurait, l’une en face de l’autre, deux unités parfaitement constituées et bien individualisées (le christianisme et le paganisme), c’est évidemment une idée historiquement bien contestable et bien naïve. » — Subjectivité et vérité , cours de 1980-1981. « J’avais placé là, comme lieu où prennent origine les pratiques, un noyau de représentations. Je voudrais aujourd’hui renoncer à cette hypothèse. » — Le pouvoir psychiatrique , leçon du 7 novembre 1973, p. 13. « Il ne faut pas chercher du côté d’une expérience originaire. » (p. 299) « Il serait arbitraire de fixer une émergence première. » (p. 301) « ... à condition de la dégager de l’ombre que rétrospectivement a pu jeter sur elle le prestige des institutions pédagogiques et des religions de salut. » (p. 302) — Subjectivité et vérité , Résumé du cours. « Les textes philosophiques ne sont pas à l’origine de ces comportements nouveaux. » — Subjectivité et vérité , p. 235. « La discipline est une technique d’exercice du pouvoir qui n’a pas été, à proprement parler, inventée mais plutôt élaborée au cours du XVIIIᵉ siècle. » — « L’incorporation de l’hôpital dans la technologie moderne », Rio de Janeiro, octobre 1974 ; Dits et écrits , III, n° 229, p. 514 (traduit de l’espagnol par D. Reynié). « Puisque l’individu ne peut pas durer, il faut que l’espèce dure ; et la génération est l’expédient par lequel des êtres périssables sont rendus participants de la permanence. » — Subjectivité et vérité , Résumé du cours, rapportant Galien. παιδοποιία — « fabrication d’enfants » — Subjectivité et vérité , pp. 166-167. 5. « La prison et la police sont nées ensemble, l’une ne va pas sans l’autre. » — Surveiller et punir , quatrième partie, ch. 3. « Pas de système pénitentiaire sans surveillance générale ; pas d’enfermement pénal sans contrôle sur la population. Pas de prison sans police. Prison et police sont jumelles chronologiquement. » — La société punitive , leçon du 14 février 1973, p. 138. « ... c’est dans le même moment que naissent à la fois les fondements de ce qui va devenir la science anatomophysiologique de l’homme et de quelque chose comme la psychopathologie, la criminologie et la sociologie : ce que l’hôpital est pour le corps, la prison l’est pour l’âme. » — La société punitive , leçon du 31 janvier 1973, p. 93. « La forme-prison préexiste à son utilisation systématique dans les lois pénales. » (p. 233) « ... telle est la conjonction de naissance de la prison, “peine des sociétés civilisées”. » (p. 234) « Or cet excès se constate très tôt, dès la naissance de la prison ... Il n’est pas venu, ensuite, comme un effet second. » (p. 251) — Surveiller et punir , quatrième partie. « ... Mais le 22 janvier 1840, date de l’ouverture officielle de Mettray ... Ou peut-être mieux, ce jour, d’une gloire sans calendrier ... “Quel dommage d’avoir à quitter si tôt la colonie.” C’était la mort du premier saint pénitentiaire. » « Pourquoi Mettray ? Parce que c’est la forme disciplinaire à l’état le plus intense ... du cloître, de la prison, du collège, du régiment. » « ... des techniciens du comportement : ingénieurs de la conduite, orthopédistes de l’individualité. » « ... C’est l’émergence ou plutôt la spécification institutionnelle et comme le baptême d’un nouveau type de contrôle ... les techniciens de l’indiscipline ont fait souche. » « Mais pourquoi avoir choisi ce moment comme point d’arrivée ? Précisément parce que ce choix est un peu “injuste” ... » — Surveiller et punir , pp. 300-303. « ... Weber, pour mesurer les sensations, aurait commencé à manipuler son petit compas dans les mêmes années. » — Surveiller et punir , p. 302. « Et de ces vétilles, sans doute, est né l’homme de l’humanisme moderne. » — Surveiller et punir , p. 143. « L’Académie de médecine est née d’une épizootie et non pas d’une épidémie. » — « La naissance de la médecine sociale », Rio de Janeiro, octobre 1974 ; Dits et écrits , III, n° 196, p. 47 (trad. D. Reynié). « L’État moderne est apparu là où il n’y avait ni pouvoir politique ni développement économique. » « Le concept de Medizinischepolizei , de police médicale, qui apparaît en 1764, implique bien plus qu’un simple dénombrement de la mortalité ou de la natalité. » — Dits et écrits , III, n° 196, p. 212 (trad. D. Reynié). « ... il s’agit toujours de faire fonctionner ces trois secteurs de la médecine, quoiqu’ils soient articulés entre eux de manière différente. » — Dits et écrits , III, n° 196, p. 228 (trad. D. Reynié). 6. « ... lorsque, pour la première fois, on cessera d’appeler les hommes “le genre humain” et on commencera à les appeler “l’espèce humaine”. » — Sécurité, territoire, population , leçon du 25 janvier 1978, p. 77. « ... la population relève alors de “l’espèce humaine” : la notion, nouvelle à l’époque, est à distinguer du “genre humain”. » — Sécurité, territoire, population , Résumé du cours, p. 376. « La population, c’est un personnage politique absolument nouveau ... saisie du côté de ses opinions, de ses manières de faire, de ses comportements, de ses habitudes, de ses craintes, de ses préjugés. » « ... la figure de la population ... » — Sécurité, territoire, population , leçons des 18 et 25 janvier 1978. « Grâce à la technologie hospitalière, l’individu et la population se présentent simultanément comme des objets du savoir et de l’intervention médicale. » « La médecine qui se forme au cours du XVIIIᵉ siècle est à la fois une médecine de l’individu et de la population. » — Dits et écrits , III, n° 229, p. 521 (trad. D. Reynié). « Pour von Justi ... population et milieu entretiennent en permanence un rapport réciproque et vivant, et il appartient à l’État de gérer ces rapports réciproques et vivants entre ces deux types d’êtres vivants. » « ... à la fin du XVIIIᵉ siècle la population devient le véritable objet de la police ... Il exerce son pouvoir sur les êtres vivants en tant qu’êtres vivants, et sa politique est, en conséquence, nécessairement une biopolitique. » — « La technologie politique des individus », Vermont, octobre 1982 ; Dits et écrits , IV, n° 364 (le texte original est en anglais). « ... l’aménagement de la société comme milieu de bien-être physique, d’hygiène optimale ... Elle doit devenir un milieu physique dense, saturé ... » « ... font apparaître la “population” — avec ses variables de nombre, de répartition ... Les traits biologiques d’une population deviennent des éléments pertinents pour une gestion économique ... » — « La politique de la santé au XVIIIᵉ siècle », Dits et écrits , III, n° 168. « Maximaliser la santé, la vie, la longévité, la force des individus » ; « produire une population saine » — « deux rêves que l’on voit naître au XVIᵉ-XVIIᵉ siècle. » « ... la force d’une nation, qui est liée au chiffre de sa population. » — Les anormaux , leçons des 15 janvier et 22 janvier 1975. « La variolisation, puis la vaccination, présentent quatre caractères absolument insolites par rapport à tout ce que la médecine pouvait alors penser : elles ne sont pas liées à une théorie médicale ; elles ne sont pas une cure ; elles ne sont pas individuelles ; elles ne sont pas dangereuses. On était dans l’empirisme le plus dépouillé. » — Sécurité, territoire, population , leçon du 25 janvier 1978, p. 60. « ... la loi travaille dans l’imaginaire ; la discipline dans le complémentaire de la réalité ; la sécurité va essayer de travailler dans la réalité. » « Le libéralisme, le jeu : laisser les gens faire, les choses passer, les choses aller, laisser faire, passer et aller ... » — Sécurité, territoire, population , leçon du 18 janvier 1978, pp. 48-49. 7. « Ce n’est qu’à partir de là qu’on pourra saisir ce qu’est la biopolitique. » — Naissance de la biopolitique , leçon du 10 janvier 1979. « Je voudrais vous assurer, malgré tout, que j’avais bien l’intention, au départ, de vous parler de biopolitique et puis, les choses étant ce qu’elles sont, voilà que j’en suis arrivé à vous parler longuement, et trop longuement peut-être, du néo-libéralisme. » — Naissance de la biopolitique , leçon du 4 avril 1979. « Le cours de cette année a été finalement consacré, en son entier, à ce qui devait n’en former que l’introduction. » « Le thème retenu était donc la “biopolitique” : j’entendais par là la manière dont on a essayé, depuis le XVIIIᵉ siècle, de rationaliser les problèmes posés à la pratique gouvernementale par les phénomènes propres à un ensemble de vivants constitués en population : santé, hygiène, natalité, longévité, races... » — Naissance de la biopolitique , Résumé du cours ; Dits et écrits , III, n° 274. « L’hygiène publique se trouve réinscrite dans le cadre général d’une “biopolitique” qui s’occupe de la “population” comme ensemble d’êtres vivants coexistant, présentant des traits biologiques et pathologiques, et relevant de savoirs et de techniques spécifiques. » — Sécurité, territoire, population , Résumé du cours, p. 377. « Pour la société capitaliste, c’est le bio-politique qui importait avant tout, le biologique, le somatique, le corporel. Le corps est une réalité bio-politique ; la médecine est une stratégie bio-politique. » — « La naissance de la médecine sociale », Dits et écrits , III, n° 196, p. 210 (trad. D. Reynié). « C’est précisément la naissance de cette somatocratie, en crise depuis le début, que je me propose d’analyser. » — « Crise de la médecine ou crise de l’antimédecine ? », Dits et écrits , III, n° 170 (trad. D. Reynié). « Je réserve l’analyse de ce domaine pour quelque travail futur. » — « La technologie politique des individus », Dits et écrits , IV, n° 364, p. 814. « ... supposons que les universaux n’existent pas ... » — Naissance de la biopolitique , cours de 1978-1979. 8. « ... le pouvoir de “faire” vivre et de “laisser” mourir. » — La volonté de savoir , 1976, p. 181. « ... ces processus — le taux de natalité, le taux de mortalité, la longévité — ... deviennent les premiers objets de savoir de la biopolitique et les cibles qu’elle cherche à contrôler. » « ... on voit aussi apparaître les débuts d’une politique nataliste. » — « Il faut défendre la société » , leçon du 17 mars 1976. « Une population a un taux de natalité, de mortalité ... » — « Les mailles du pouvoir », Bahia, 1976 ; Dits et écrits , IV, n° 297 (traduit du portugais). « ... un appareil réglementaire qui va empêcher l’émigration, appeler les immigrants, favoriser la natalité, stimuler l’accroissement de la population. » — Sécurité, territoire, population , leçon du 25 janvier 1978, p. 71. « Ce que fait la sécurité, c’est qu’elle va agir sur l’ensemble des facteurs — avantage, coutume, incitation, disposition des choses — pour stimuler, sans que les gens s’en aperçoivent trop, le taux de natalité. » — Sécurité, territoire, population , leçon du 1ᵉʳ février 1978, p. 109. « ... la fécondité de son peuple ... » — Naissance de la clinique , ch. 2. « ... la socialisation des conduites procréatrices ... » — La volonté de savoir , quatrième partie. « La thanatopolitique est ainsi l’envers de la biopolitique. » — « La technologie politique des individus », Dits et écrits , IV, n° 364. « Comme le disait Mayr, l’humanité est un “pool de gènes intercommunicants” : des populations, c’est-à-dire des ensembles de variations, ne cessent de s’y former et de s’y défaire. » « Il faut concevoir une humanité où ce ne sont pas des races qui se juxtaposent, mais des “nuages” de populations qui s’enchevêtrent et mêlent un patrimoine génétique qui a d’autant plus de valeur que son polymorphisme est plus accentué. » — « Bio-histoire et bio-politique », Dits et écrits , III, n° 179. « ... de la médicalisation indéfinie. [...] Il n’y a pas de limite assignable à la médicalisation. » — Dits et écrits , III, n° 170 (trad. D. Reynié). 9. « J’ai cherché un mot pour désigner ce mouvement de résistance à la conduite. Désobéissance ne convient pas, car il s’agit de ne pas obéir à une règle, non à un pasteur. Insoumission ne convient pas, car il s’agit de refuser une direction. Dissidence ne convient pas, car il s’agit de se séparer d’un groupe. J’ai choisi contre-conduite : le mot, mal construit sans doute, a l’avantage d’éviter une certaine substantification. » « Il faut permettre de se référer au sens actif du mot “conduite” et à l’ambiguïté positive de la conduite qui ne véhicule pas l’idée d’une pure contrainte. » « Les contre-conduites peuvent être aussi bien individuelles que collectives et correspondent à une nouvelle attitude, une nouvelle manière de faire et d’être. » — Sécurité, territoire, population , leçon du 1ᵉʳ mars 1978, pp. 204-205. « ... comment ne pas être gouverné comme cela, par ceux-ci, au nom de ces principes-ci ... pas comme ça, pas pour ça, pas par eux. » « ... l’art de n’être pas tellement gouverné ... » « ... inservitude volontaire ... indocilité réfléchie ... désassujettissement dans le jeu de ce qu’on pourrait appeler la politique de la vérité. » — « Qu’est-ce que la critique ? », Société française de philosophie, 27 mai 1978, pp. 37-38. « Le mouvement par lequel un homme seul, un groupe, une minorité ou un peuple tout entier dit : “Je n’obéis plus” ... ce mouvement me paraît irréductible. [...] Varsovie aura toujours son ghetto révolté et ses égouts peuplés d’insurgés. Et parce que l’homme qui se lève est finalement sans explication. » « Toutes les formes de liberté acquises ou réclamées ... ont sans doute là un point dernier d’ancrage, plus solide et plus proche que les “droits naturels”. » « Vint l’âge de la “révolution” ... un gigantesque effort pour acclimater le soulèvement à l’intérieur d’une histoire rationnelle et maîtrisable ... On a même défini la profession de révolutionnaire. » « ... ma morale théorique est inverse. Elle est “antistratégique” : être respectueux quand une singularité se soulève, intransigeant dès que le pouvoir enfreint l’universel. Choix simple, ouvrage malaisé : car il faut tout à la fois guetter, un peu au-dessous de l’histoire, ce qui la rompt et l’agite, et veiller un peu en arrière de la politique sur ce qui doit inconditionnellement la limiter. ... Mais je l’ai choisi. » « On ne fait pas autre chose qu’eux en disqualifiant le fait du soulèvement parce qu’il y a aujourd’hui un gouvernement de mollahs. » — « Inutile de se soulever ? », Le Monde , 11-12 mai 1979 ; Dits et écrits , III, n° 288. « ... il n’y a pas de lieu du grand Refus ... [mais] des points de résistance ... mobiles et transitoires ... » — La volonté de savoir , quatrième partie, ii, « Méthode ». « ... une tâche urgente, fondamentale, politiquement indispensable, que de constituer une éthique du soi, s’il est vrai après tout qu’il n’y a pas d’autre point, premier et ultime, de résistance au pouvoir politique que dans le rapport de soi à soi. » — L’herméneutique du sujet , leçon du 17 février 1982, p. 241. « ... cet équipement, cette préparation du sujet et de l’âme qui fait qu’ils seront armés comme il faut, de manière nécessaire et suffisante, pour toutes les circonstances possibles de la vie. » « L’athlète ancien est un athlète de l’événement. Le chrétien, lui, est un athlète de lui-même. » — L’herméneutique du sujet , pp. 229-230 ; p. 308. « La politique n’est rien de plus, rien de moins que ce qui naît avec la résistance à la gouvernementalité, le premier soulèvement, le premier affrontement. » — Sécurité, territoire, population , feuillets manuscrits inédits, rapportés par Michel Senellart. « L’Iran est actuellement en état de grève politique généralisée. Je veux dire en état de grève par rapport à la politique. » « Le soulèvement de toute une société a étouffé la guerre civile. » — « Une révolte à mains nues », Corriere della sera , 5 novembre 1978 (traduit de l’italien). 10. « Il n’y a sans doute pas de réalité sociologique de la “plèbe”. Mais il y a bien toujours quelque chose, dans le corps social, dans les classes, dans les groupes, dans les individus eux-mêmes qui échappe d’une certaine façon aux relations de pouvoir ; quelque chose qui est non point la matière première plus ou moins docile ou rétive, mais qui est le mouvement centrifuge, l’énergie inverse, l’échappée. » « “La” plèbe n’existe sans doute pas, mais il y a “de la” plèbe. » « Cette part de plèbe, c’est moins l’extérieur par rapport aux relations de pouvoir, que leur limite, leur envers, leur contrecoup. » « La résistance au pouvoir n’a pas à venir d’ailleurs pour être réelle, mais elle n’est pas piégée parce qu’elle est la compatriote du pouvoir. » — « Pouvoirs et stratégies », entretien avec J. Rancière, Les Révoltes logiques , n° 4, hiver 1977 ; Dits et écrits , III. « Le Trosne ... distingue deux sens du mot aveu ... Les gens qui ont aveu, au premier sens, sont ceux qui ont une caution, un garant. » — La société punitive , leçon du 17 janvier 1973, p. 51. « ... le névrosé de l’aveu ... » — La société punitive , manuscrit, p. 240. « ... l’homme, bête d’aveu ... » — La volonté de savoir , 1976. « ... un engagement à être ce qu’il affirme qu’il est. » — Mal faire, dire vrai. Fonction de l’aveu en justice , Louvain, 1981, p. 296. « L’aveu est l’acte par lequel le sujet s’engage à être ce qu’il affirme qu’il est ; il donne naissance au sujet avouant. » — F. Brion et B. E. Harcourt, « Situation du cours », dans Mal faire, dire vrai , p. 296. « Il y a des sociétés qui bannissent, des sociétés qui rachètent, des sociétés qui marquent, et des sociétés qui enferment — la nôtre. » « Foucault reprend ici la typologie des sociétés punitives qu’il avait esquissée dans La société punitive . » — Mal faire, dire vrai , p. 275, et l’apparat des éditeurs. « Ces systèmes disciplinaires, dans la mesure où ils étaient normalisateurs, faisaient nécessairement naître dans leurs marges — par exclusion et résiduellement — autant d’anomalies, d’illégalismes, d’irrégularités. Plus le système disciplinaire est serré, plus les anomalies, les irrégularités sont nombreuses. » — Le pouvoir psychiatrique , leçon du 5 décembre 1973, p. 111. « On doit dormir chez soi. — Est-ce que j’ai un chez soi ? ... — Quel est votre état ? — ... j’en ai trente-six au moins ... » « Plus de père... Pas plus, ni parents, ni amis, libre et indépendant. » « Deux ans, c’est jamais que vingt-quatre mois. Allons, en route. » — Gazette des tribunaux , cité dans Surveiller et punir , pp. 296-297. 11. « Biopoétique se justifierait parce qu’il s’agit bien d’une sorte de fabrication personnelle de sa propre vie (noter que dans ces arts se pose souvent la question de savoir si tel acte est beau ou non). On pourrait suivre ainsi le problème de la conduite sexuelle : la biopoétique où il s’agit de la conduite esthético-morale de l’existence individuelle ; la biopolitique où il s’agit de la normalisation des conduites sexuelles en fonction de ce qui est considéré politiquement comme exigence d’une population. » — Subjectivité et vérité , leçon du 14 janvier 1981, p. 37, note a (manuscrit, non prononcé). « Il ne s’agit pas de biotechnique, mais de biopoétique, si l’on peut dire. » — Subjectivité et vérité , leçon du 14 janvier 1981, p. 37. « C’est cette question du sujet de désir qui va traverser l’Occident de Tertullien à Freud. Mais il resterait à montrer comment dans le christianisme se sont élaborées aussi bien la subjectivation des aphrodisia que l’objectivation du sujet du désir. Ainsi apparaît en Occident le sujet de désir comme objet de connaissance. » — Subjectivité et vérité , leçon du 25 février 1981, p. 170, note a ; repris p. 292, note a (manuscrit). « ... ce n’est plus cet acte paroxystique, c’est la naissance, le bourgeonnement, la première pointe, la première piqûre d’épingle du désir, c’est la concupiscence, c’est la tentation. Et c’est ... ce que l’on va retrouver par la suite : dislocation du bloc des aphrodisia et émergence du désir. » — Subjectivité et vérité , leçon du 1ᵉʳ avril 1981, p. 292. « La marque, le signe, la trace. La cérémonie, la représentation, l’exercice. » — Surveiller et punir , p. 134. « ... “la folie elle-même” ... » — L’archéologie du savoir , p. 64, note. « ... “le regard médical” ... expression pas très heureuse ... » — L’archéologie du savoir , p. 74, note 1. « Des espaces autres », conférence au Cercle d’études architecturales, 14 mars 1967, dont Foucault n’autorisa la publication qu’au printemps 1984 — Dits et écrits , IV, n° 360. 12. « 1/ Exiler, chasser, bannir, expulser hors des frontières, interdire certains lieux, détruire le foyer, effacer le lieu de naissance, confisquer les biens et les propriétés. 2/ Enfermer, séquestrer, priver de liberté. 3/ Marquer, stigmatiser, tatouer, mutiler. 4/ Mettre à mort. » — La société punitive , Résumé du cours, p. 255. « ... la discursivité qui naît à l’intérieur de ces techniques générales de séquestration va suivre l’individu de la naissance à la mort et être une discursivité de l’existence totale de ce dernier. » (p. 221) « On a donc conscience de l’encadrement constant, de la naissance à la mort, de l’individu par ces institutions. » (p. 265) — La société punitive , leçon du 21 mars 1973. « ... le thème du sceau, le thème de la renaissance et le thème de l’illumination. ... c’est Tertullien qui a eu cette pensée merveilleuse d’inventer le péché originel, [lequel] avant lui n’existait pas. » — Du gouvernement des vivants , leçon du 6 février 1980. « Le baptême ... constitue une nouvelle naissance : il redonne la vie. Cette palingénésie est parfois représentée comme une naissance seconde. Après la première — celle qui ... s’est faite ... dans la “conjonction de nos parents” — ... » — Histoire de la sexualité , IV : Les aveux de la chair , première partie. « Tous ces problèmes de la tératologie juridique sont développés dans un livre ... absolument capital pour comprendre la question de la naissance et du développement du problème juridico-naturel, juridico-médical du monstre. C’est un livre d’un prêtre qui s’appelait Cangiamila. En 1745, il a publié un texte qui s’appelle Traité d’embryologie sacrée ... Donc, le monstre apparaît et fonctionne au XVIIIᵉ siècle exactement au point de jonction de la nature et du droit. » — Les anormaux , leçon du 22 janvier 1975. « ... le fou restera mineur ... » « ... par anticipation, un “complexe parental” ... » — Histoire de la folie à l’âge classique , « Naissance de l’asile ». « Il avait fait représenter exactement son ciel de naissance, la conjonction des étoiles qui avait présidé à sa naissance et par conséquent à son destin. ... Le berger, lui, connaissait le secret de la naissance d’Œdipe. Vous voyez donc que l’anti-Œdipe, bien sûr, existe. ... on voit une espèce de manifestation pure du vrai. » — Du gouvernement des vivants , cours de 1979-1980. « Loi de renonciation à soi. Dans la mesure où il s’agit dans ce dispositif obéissance-aveu de substituer la volonté d’un autre à la sienne propre, de découvrir au fond de soi[-même la vérité] ... » — Du gouvernement des vivants , leçon du 26 mars 1980, p. 303, note des éditeurs sur le manuscrit. « ... à propos du problème du mariage et des naissances dans la classe ouvrière [...] : “Sans doute un jour viendra [...] où les gouvernements seront amenés, par la force des choses...” » — Villeneuve-Bargemont, cité dans La société punitive , leçon du 21 mars 1973, p. 209. « ... un partage entre le bon et le mauvais ouvrier [...] la caisse d’épargne, l’encouragement au mariage, plus tard les cités [ouvrières]... » — La société punitive , Résumé du cours, p. 266. « Le régime des aphrodisia , défini en fonction du mariage, de la procréation, de la disqualification du plaisir et d’un lien de sympathie respectueuse et intense entre les époux, ce sont donc des philosophes et des médecins [païens] qui l’ont défini. » — Les aveux de la chair , première partie, 1, « Création, procréation ». « ... une spécification des formes propres à la libido chez l’homme déchu ; ... la distinction stricte entre la libido et l’usage de la libido. Il se trouvera ainsi donner les fondements à la fois à une conception générale de l’homme de désir, et à une juridiction fine des actes sexuels. » — Les aveux de la chair , troisième partie. 13. « Les illégalismes du corps sont : le refus du travail, le refus du mariage, le refus de la famille, le refus de la procréation. Le refus de la famille : ne pas utiliser son corps à la reproduction de ses forces de travail. » — La société punitive , leçon du 14 mars 1973, p. 192. « “Entrer en dissidence morale” n’est donc pas du tout “pratiquer la transgression” : c’est refuser une forme de subjectivité et en revendiquer une autre. » — La société punitive , leçon du 7 février 1973, manuscrit, fol. 19. « Le temps et la vie de l’homme ne sont pas par nature travail ; ils sont plaisir, discontinuité, fête, repos, besoin, instants, hasard, violence, etc. Or, c’est toute cette énergie explosive qu’il faut transformer en une force de travail continue [...] Il faut synthétiser la vie en force de travail, ce qui implique la coercition de ce système de séquestration. » « Le coup de génie. » (note marginale du manuscrit) — La société punitive , leçon du 28 mars 1973, p. 236. « Pensons au manifeste des médecins avorteurs et à la réponse du ministre Foyer. [...] Le pouvoir, dans cette réponse, veut dire que l’avortement, en tant que problème éthico-juridique, doit être placé hors du choix explicite des individus, hors de la volonté même de la nation. C’est que la loi qui l’interdit est une loi fondamentale, une loi qui touche à la constitution même de la société ; elle est donc comme une loi naturelle... » — La société punitive , leçon du 7 février 1973, pp. 115-116. « ... l’universalité sans loi d’une esthétique de l’existence. » — Le souci de soi , p. 247. « ... un gouvernement des aphrodisia , c’est-à-dire une gestion rationnelle des plaisirs sexuels. » — Le souci de soi , ch. IV, § 3, p. 172. « Ruptures, changements radicaux, apparition d’une nouvelle forme d’expérience ? Certainement pas. » (p. 51) « Rupture avec l’éthique traditionnelle de la maîtrise de soi ? Certainement pas, mais déplacement, infléchissement et différence d’accentuation. » (p. 93) — Le souci de soi « ... ce discours n’a pas pour fonction de dire au sujet la vérité sur lui-même. » — Le souci de soi , p. 192. 14. « Ce n’est pas une origine qui est à chercher, mais une naissance toujours déplacée. Ce qui apparaît dans l’histoire est toujours né d’autre chose que lui-même. » — Leçons sur la volonté de savoir , leçon du 16 décembre 1970, p. 27. « L’analyse des énoncés ne cherche pas l’éclat de la naissance, ni le secret de l’origine. Elle décrit des régularités, des systèmes de dispersion, des transformations. Elle ne raconte pas d’histoire. » « La formation discursive qui se donne comme une continuité millénaire est presque sans naissance. » — L’archéologie du savoir « Le langage, dans son pouvoir d’archivage, transforme toute naissance en archive, toute mort en monument. » — « La pensée du dehors », 1966 ; Dits et écrits , I, n° 38, p. 528. « En choisissant cet exemple, je sais bien que c’est un exemple. Peut-être n’y a-t-il pas eu naissance d’un coup de la monnaie en général. Ce qui du VIIIᵉ au VIᵉ siècle est apparu aux bords de la Méditerranée, ce sont peut-être des monnaies [...]. » « ... l’essence mercantile de la monnaie n’est point sa racine historique. » « La monnaie est donc avant tout un instrument de régulation entre les différents éléments qui constituent la cité ... on évite que les pauvres ne deviennent trop pauvres ; par l’impôt prélevé sur les riches, on évite qu’ils ne soient trop riches. » « Ce n’est pas comme définition d’une quantité commune, c’est comme exclusion des excès opposés (richesse/pauvreté) qu’elle est mesure. » — Leçons sur la volonté de savoir , leçons de février 1971, pp. 131-137. « Mais je crois ... que ces trois figures restent tout de même parfaitement distinctes et séparées jusqu’à la fin du XVIIIᵉ et au début du XIXᵉ siècle. Et, précisément, le point d’apparition ... se formera lorsque aura été établi un réseau régulier de savoir et de pouvoir qui réunira, ou en tout cas investira, selon le même système de régularités, ces trois figures. » — Les anormaux , leçon du 22 janvier 1975. « La date de naissance, ou en tout cas la date de l’émergence, de cette nouvelle pathologie, on peut la fixer à 1844, avec la Psychopathia sexualis de Kaan. » — Les anormaux , leçon du 15 janvier 1975. Texte prononcé : « ... c’est cela que je voudrais étudier. » Manuscrit : « ... de cela faire l’archéologie. » — Les anormaux , leçon du 8 janvier 1975, dernière phrase, et note des éditeurs. « Entre Montaigne et Descartes, un événement s’est passé : l’avènement d’une nouvelle forme de rationalité. » — Histoire de la folie à l’âge classique , édition de 1972. « ... le commentaire doit dire pour la première fois ce qui avait été pourtant déjà dit, et doit répéter inlassablement ce qui n’avait pourtant jamais été dit. Le nouveau n’est pas dans ce qui est dit, mais dans l’événement de son retour. » — L’ordre du discours , pp. 27-28. 15. « On était dans l’empirisme le plus dépouillé. » — Sécurité, territoire, population , leçon du 25 janvier 1978, p. 60. « Ce qui caractérise l’acte de justice, ce n’est pas le recours à un tribunal et à des juges ; ce n’est pas l’intervention des magistrats. Ce qui caractérise l’acte juridique, c’est le développement réglé d’un litige. C’est la manière dont on s’affronte, la manière dont on lutte qui définit l’ordre juridique. La règle et la lutte, la règle dans la lutte, c’est cela le juridique. » — Théories et institutions pénales , cours au Collège de France, 1971-1972. « L’enquête judiciaire est une forme de savoir-pouvoir. » — Leçons sur la volonté de savoir , leçon du 17 mars 1971. « Vous avez une tendance inhérente au pouvoir disciplinaire à intervenir au ras même de ce qui se passe, au moment où la virtualité est en train de devenir réalité ; le pouvoir disciplinaire tend to