VMH © 2021 Les Echos - Tous droits de reproduction et de représentation réservés Les Echos - 30/09/2021 Page(s) : 21 Nb mots : 788 Entreprises Des espaces de travail redessinés Les nouveauxmodesde travail comme le souci de réduire les surfaceslouées amènent à repenser l'usage de chaque espace etàse soucier du parcours quotidien des salariés. L'espacede travail s'hybride et la modularité monte enpuissance. Clotilde Briard @ClotildeBriard et E. Di. Au Five, sonnouveau siège au coeur de Paris qui fait aussi officede showroomet delaboratoire, Moore Design, spécialiste de l'aménage- ment d'espaces de travail ou d'hôtels, a misenpratiquesa philo- sophie du flexoffice. Au menu, sal- lesde réunion ouvertes,postes de travail alternant avec des espaces derepos,espaces de concentration, bullestéléphoniques. Deuxtypesde casiers répondent aux différentsbesoins. Les versions individuelles avec nom ou photo jouxtent la machine àcafé pour en faire un point de rencontre. Les modèlesconnectés réservables à distance permettent d'accueillir les bagages des commerciauxbasés hors d'Ile-de -Francelorsqu'ilsvien- nent, ou de stockerponctuellement dumatérielvolumineux. Avec la généralisation d'une organisation en flexoffice dans les entreprises, c'est toutl'aménage- ment des bureaux qui est repensé. Le nombre de mètrescarrésdédiés auxpostes detravaildiminue, avec, unratio de 0,5 à 0,8 réinstallé pourl existantauparavant, selon Julien Diard, fondateur deMoore Design. Maisde nouveauxespaces sont créés- adaptés auxusages : des sal- les pour se retrouver à deux ou à dix, des lieux pourtravailler au calme... « Un siège d'entreprise se repense comme une boutique. Le parcours du salarié doitêtre étudiéd'aussi près que celuiduclient. Comment est -il accueilli ? Comment retrouve- t-ilsescollègues ?L'espacedetravail s'hybride », estimel'expert. Ce der- nier note la montéeenpuissance de la modularité. Pour ungrand groupe de biens de consomma- tion,l'agence ainstallé des tables sur roulettes, afin de pouvoir les repositionner en fonction des moments etusages, etdescloisons simples à bouger. Quant à la demande pour les espacesprojets, dédiés à la créativité, elle ne fait quecroître. «Leflex office tout seul n'aaucun sens. Il doitêtreaccompagnéd'espa- ces collaboratifs -pour se rencontrer, débriefer, créer -, et d'espaces deser- vices », confirmeJulie Pychardy, architecte chez Deloitte. Et pour que les nouveaux aménagements soient cohérents, il estnécessaire d'associeren amont de leur concep- tion les principaux concernés... à savoir lessalariés. «Avant l'épidémie deCovid -19, quand certainesentreprises ont essayé de mettre en place uneorga- nisation en flex office, les salariés ontd'abord ressenti un certain inconfort. Parcequ'ils n'avaient plusleurpetitbureau avec leurs photos de famille et leurplante verte, ce à quoi ils étaient très atta- chés », note -t-elle. Dans sa propreentreprise, Deloitte a décidé de mener des « testsd'apprentissage » pour réali- ser les meilleurs choix Sondés,les « Le flexoffice tout seul n'a aucun sens. Il doit être accompagné d'espaces collaboratifs pour se rencontrer, débriefer, créer, etd'espaces de services. » JULIE PYCHARDY Architecte chez Deloitte salariésconsidéraient, enmajorité, que les associésdevaientêtre con- cernéscomme les autres par leflex office, dansun soucid'égalité.Mais le testa montré qu'il «y avait sou- dain beaucoup de retenue et un grand silence sur le plateau », s'amusel'architecte. Pourne pas casser l'ambiance, les salariésont finalement préféré que les associés conservent des bureaux fermés. Mais ceux -ci ne sontpas individuellementattri- bués, et peuventservir à l'occasion pour des réunions. «Chaqueentreprise a ses propres enjeux », poursuit -elle. Dans un cabinet d'avocats oùletravail de l'éloquence apparaissait comme primordial, Deloitte a créé une salle spécialeoù deux personnes peu- ventdébattredebouten face-à-face. Les lieuxdoiventaussiavoir une « signature » et refléter tant l'acti- vité que la culture de l'entreprise. « On neva pas concevoir les mêmes locaux pour BouyguesTelecom ou pour Sephora », résume -t-elle. Pourdes start -up, MooreDesign a installé desmurs d'escalade,des zones de sieste avec des hamacs voire untrès long mur demicro -on- desafinde réchauffer les plats livrés chaque midi. « Il faut s'adapter à l'ADNdelaFrench Tech »,remarque Julien Diard. De1.500 à2.000 euros par poste Tousces réaménagementsont évi- demment un coût, maisqui peut être limité. « Transformer ses locaux, yapporterunpeu dechaleur, peut simplement passer par quel- queschangements de papiers peints, de luminaires etdes déplacements de cloisons. Une entreprise peut aussi aller beaucoup plus loin et là cela pourra lui coûter jusqu'à plusieurs centainesd'eurosdu mètrecarré », indiqueBrunoAmsellem,associé chezDeloitte. Julien Diard,chezMooreDesign, estime de L500 à2.000 euros par poste un réaménagement global. Mais encas de déménagement, l'instaurationd'un flexofficesefait à coût égal. ■ (zoom 87 %)