Jean-Baptiste Autissier/ L’ É quipe Rendez-vous l e 12/08/2026 sur dolce-gusto.fr Voir modalités sur le site ANT 2,70 € - BEL 2,80 € - LUX 3,00 € - CH 3,90 FS - ESP/CNY 3,50 € - GR 3,20 € - MAR 30 MAD - REU 2,80 € D É PART CANON Les Bleus ont superbement lanc é leurs rendez-vous europ é ens. Dans le bassin de Saint-Denis, le relais du 4 × 200 m (Pierre Largeron, Sauveur Cristofini et Roman Fuchs), mis sur orbite par un L é on Marchand des grands jours, a d é croch é la m é daille d’argent. Sur la piste, É tienne Daguinos a remport é le bronze sur 5000 m, alors que Jimmy Gressier termine au pied du podium. Pages 4 À 11 Le Havre et Angers dans les starts Pages 16 et 17 LYON SANSFILET Pages 12 et 13 Alain Mounic, S é bastien Bou é / L’ É quipe athlétisme - natation Championnats d’Europe 2,60 € mardi 11 ao û t 2026 81 e ann é e N° 26 291 France m é tropolitaine football Ligue des champions 3 e tour pr é liminaire retour Lyon 21 h Sparta Prague Tour de France des clubs Abner Vinicius, Lo ï s Openda et Corentin Tolisso. France m é tropolitaine De gauche à droite : L é on Marchand, É tienne Daguinos, Pierre Largeron et Sauveur Cristofini. Alain Mounic/ L ’Équipe L’EXTRATERRESTRE ESTDERETOUR Au départ du 4 × 200 m hier, L é on Marchand a signé le meilleur chrono mondial de l’année en 1’43’’76. Il a explosé le sien (1’46’’44) et raflé sa première médaille européenne. L ’Équipe CÉLINE NONY À croire que rien ne lui résiste. Qu’il lui suffit de vouloir pour ex- ploser les certitudes. Bien sûr, il y acettelésionàlacuissedroitequi a obligé Léon Marchand, la mort dans l’âme, à renoncer au 400 m 4nages. Et quand on voit la finale rem- portée hier par le Russe sous bannière neutre Ilya Borodin en 4’8’’17, alors que le Français s’était permis, sans préparation spécifique, de remporter les Championnats de France en 4’4’’56 (5 e chrono de l’histoire), on aurait tendance à regretter. Pas longtemps. Ce forfait a préservé sa fraîcheur à l’instant de lancer le relais 4 × 200 m pour un double aller-retour de folie et une su- perbemédailled’argent. Dèsquelequatuorestentréen scène, le public s’est exalté; et quand Marchand a gravi le plot, sonprénométaitscandépresque aussi fort qu’il y a deux ans, lors- qu’il avait décroché ses quatre ti- tres olympiques. Personne n’osait alors imaginer le scénario écrit par cet ovni à la ligne d’eau numéro1. Coulées intersidérales, puis- sance martienne. Le temps s’est affolé pour se fixer sur un ahuris- sant 1’43’’76. Lui certifie qu’il « ne savait pas trop où [il] en était » de son é tatdeforme. «L à ,çam’aras- suré , souffle-t-il. Mais les heures, les minutes avant la course, ce n’est pas forcément facile. J’avais un peu de stress quand m ê me. J’avais envie de faire 1’44’’, mais je ne savais pas que je pouvais nager aussivite. » “Je fais un super chrono mais, surtout, le relais derrière est monstrueux. C’est ma première m é daille europ é enne, et elle est en é quipe, c’est encore plus beau! '' LÉON MARCHAND APR È S LA MÉDAILLE D’ARGENT DE LA FRANCE EN RELAIS Avec cette r é f é rence, il a explos é son record personnel (1’46’’44 en 2023), approch é s é rieusement le recorddeFrance– é tabliparYan- nick Agnel lors de son titre olym- piqueen2012(1’43’’14)–etsign é , au passage, la meilleure perf mondiale de la saison, la sixième de l’histoire sur la distance. Dom- mage qu’il ne soit pas engag é sur le 200 m individuel – il n’avait pas r é alis é le temps requis pour ç a. Mais ce premier bain dans les eaux ducentreaquatiqueolympi- que prouve que l’ é pouvantail de 24ansestfort.Trèsfort. Unefoisencore,luisecaleder- rière le collectif. « Je fais un super chrono mais, surtout, le relais der- rière est monstrueux , salue-t-il. C’est ma première médaille euro- péenne, et elle est en équipe, c’est encoreplusbeau! » Cela promet pour la suite. Et si on r ê vait, sans s’illusionner, qu’après les 1’51’’21 de son titre olympique, le record du monde du 200 m papillon (1’50’’34 par le Hongrois Kristof Milak) é tait à sa port é e samedi, et que son in é dite incursion sur le 400 m d’un grand Championnat, une course qu’il juge « excitante et mystérieuse » , cr é e,elle,lasurprise. Jusque-l à ,Marchandn’estpas catalogu é comme un sp é cialiste du crawl, m ê me s’il s’y aventure depuisdeuxans. «Ilvas’améliorer et peut devenir l’un des meilleurs spécialistes de 200 m , avan ç ait Bob Bowman, son entra î neur, après une copieuse s é ance à Austin, mi-avril. Mais, pour le mo- ment, il manque encore de vitesse, ce qu’il gagnera en devenant plus puissant. » À voir l’ é volution de sa mor- phologie, beaucoup moins « ba- nale»qu’ilyadeuxans,ondevine que le Texan a boss é « Ce n’est qu’une question de musculation, de nutrition, d’hydratation et de supplémentation , confirme-t-il. Q uandjesuisarrivéaux É tats-Unis, il y a cinq ans, j’ai pris beaucoup de poids, à cause des burgers mais aussi de l’automatisme que l’on a, en sortant de l’eau, d’ouvrir le frigo dans les vestiaires. Pour bien récu- Premier relayeur fran ç ais hier, L é on Marchand a parfaitement lanc é les Bleus. u u Paris natation Championnats d’Europe 4 Mardi 11 ao û t 2026 | L’ÉQUIPE natation Championnats d’Europe Paris sez joli, il y a beaucoup de lumière, l’eau est claire, c’est un endroit que j’aime beaucoup. Je me sens bien aussidansl’eau. » Vendredi soir, les Bleus se sont réunis à leur hôtel de Saint-Denis pour le discours des capitaines, Marie Wattel et Yohann Ndoye Brouard. « N’oubliez pas, on est chez nous ! » a lancé ce dernier pour clore ses propos. Le DTN Denis Auguin a profité de l’instant pourinsistersurlepoidsdenager dans ses eaux : « M ê me si ici, c’est plus petit qu’aux Jeux, quand vous allez rentrer sur la plage de d é part, ç a va faire du bruit, encore plus sur lesrelais.Ceuxquin’ é taientpasaux Jeux, vous avez r ê v é de vivre ç a mais attention, il faut ê tre pr ê ts, il faut l’appr é hender pour ne pas se faire engloutir. » Hier matin, sur le parvis écrasé de soleil, une foule patiente et ordonnée faisait la queue, guidée par des bénévoles aux chasubles orange fluo. Quel- ques-uns posaient au pied des anneaux olympiques avec, en ar- rière-plan, la silhouette mastoc du Stade de France. Et les déci- bels montaient à l’appel de la pre- mièrenageusefrançaise. Une montée en gamme lors de la session du soir Comme aux Jeux, c’est Marie Wattel qui s’y collait : « C’ é tait un petitremakeetj’ é taisfièredelancer l’ é quipe , racontait-elle. Le public est au rendez-vous et il va nous pousser. » Le niveau sonore mon- tait d’un cran avec l’apparition de Maxime Grousset : « C’ é tait très sympa et m ê me si ç a n’est pas les Jeux,ilyadubruitetonsentquetout le monde est derrière nous, ç a fait plaisir. » Seule Béryl Gastaldello faisaitunpeulamoue: « C’ é taiten- core timide. Ce soir, je m’attends à plus de vibrations et d’encourage- ments. » Son vœu allait être exaucéaucentuplepuisque,après une chauffe de salle électro et un clapping géant mené par Alain Bernard, la session du soir mon- tait nettement en gamme. « Ils se sont bien r é veill é s et ç a donne vrai- ment de la force » , reconnaissait- elle.Etl’arrivéedeMarchandetde sabandedu4x200mallaitdonner àlapiscinedesairsdejuillet2024. Des « Allez les Bleus » en cascade puis des « Allez L é on » quand l’élu sehissaitsurleplot. Puis, tout au long du relais, un barouf ininterrompu jusqu’à la dernière ligne droite de feu de Fuchs. « Je ne sais pas trop quoi m’attendre, je vais essayer de pren- drel’ é nergiequ’ilya à prendre,avait pr é venu le quadruple champion olympique. J’espère que les gens seront l à pour nous encourager. » Sur ce point aussi, il a dû se cou- cherrassuré. J.-P. B. Et l’eau reprit feu... Deux ans après l’exp é rience inoubliable des Jeux Olympiques de Paris, les nageurs de l’ é quipe de France ont replong é devant un public en extase. Qui les a port é s pour la finale du 4 × 200m. Bien sûr, rien ne pourra jamais égalercequ’ilsontressentilà-bas il y a deux étés, « cette vague qui semblait descendre des tribunes et qui emportait tout sur son pas- sage » , se souvient Yohann Ndoye Brouard. « La première fois en chambre d’appel, il y avait une sensation bizarre, raconte Roman Fuchs. Enfait,jemesuisaper ç uque c’ é tait les murs qui tremblaient à causedelafoulequihurlaitennous attendant. » Les 17 000 furieux qui hantaient les travées de Paris La Défense Arena, matin comme soir,avaientportélesBleussurles sommetsolympiques.Etcréedes souvenirspourlavie. C’est donc avec une belle exci- tation que les nageurs et nageu- ses de l’équipe de France ont pris possessiondelapiscineduCentre Aquatique Métropole du Grand Paris. « Jelatrouvevraimentsuper , détaillaitLéonMarchand,quiluil’a découverteceweek-end. C’estas- Alain Mounic/ L’ É quipe JEAN-PIERRE BIDET Roman Fuchs s’écroule sur sa ligne d’eau, les brasencroix.Ilnevoitpassestroispotesruis- selants qui ne forment plus qu’un derrière le plot, Léon Marchand le dynamiteur, Pierre LargeronetSauveurCristofinilesminots,tous les quatre vice-champions d’Europe du 4×200mdansunbruitpaspossible.« Lepublic é taitderrièrenous,c’ é taitincroyable ,racontaitle nageur de l’Insep, auteur d’une dernière lon- gueur de feu pour hisser les siens sur la deu- xième marche du podium derrière les favoris britanniques. À chaque sortie de coul é e, le bruit é taitdingue.Ilnefallaitpass’emballeretjustete- nir. » Si Marchand en est désormais le patron in- contesté et incontestable, Fuchs le discret est l’âme de ce 4×200. C’est lui qui, depuis la pro- messedesJeuxdeTokyo,oùlesBleusavaient suivilafinaledestribunesets’étaientjuréd’en être trois ans tard à Paris, est le plus assidu (5 des 6 finales depuis 2022 dont le br onze eu- rop é encetteann é e-l à ): « C’estungar ç ond’une Ensemble, c’estfou Avec deux piliers (Marchand et Fuchs) et deux bizuts (Largeron et Cristofini), l’ é quipe de France a conquis l’argent en 4 × 200 m. Plus qu’une promesse à deux ans de Los Angeles. grande stabilit é é motionnelle et il amène aussi son c ô t é apaisant au reste du groupe, il stabilise, explique le DTN Denis Auguin. C’est un exem- ple et en plus, chaque ann é e, il progresse. Il est toujoursl à .Ilaunetrèsgrandeexp é riencedeces moments-l à etonenabesoin. » Des «petits jeunes» qui apprennent vite Fuchs a termin é hier soir le boulot commenc é danslefracasparMarchandetsonstratosph é - rique1’43’’76luiqui,mi-avril à Austin,nousex- pliquait : « Tous ces petits jeunes qui arrivent, c’esttropbien. Ç anemerajeunitpas,maisilreste Roman pour faire le lien entre les g é n é rations. Pour parvenir à notre ambition, il nous manque des individualit é s, et ces jeunes qui arrivent, c’est exactement ce dont on a besoin. M ê me s’il leur fautencoredutempspours’affirmerdansl’eau. » Visiblement, les « petits jeunes » apprennent vite. SiPierreLargeron(21ansle17ao û t),unpeu d é bord é par l’ambiance et l’enjeu le matin (comme le Ni ç ois N é o Dutriaux, 18 ans, qui a apport é sa pierre au chef d’ œ uvre), a encore pein é lesoir(1’47’’44lanc é s),SauveurCristofini (16 ans) a assur é comme un chef dans le bouillon du troisième relais (1’45’’28) pour transmettreleb é b éà Fuchs(1’45’’75). « L é ona fait un gros, gros job , racontait Largeron. Je vois que je suis premier avec beaucoup d’avance. É vi- demment, ç a met un peu la pression. J’ai essay é de ne pas trop y penser. Je savais que j’ é tais le mecendessousdurelais.Jemesuisvraimentdit qu’ilfautteniretnepasl â cher.J’aivraimentrentr é lat ê te. » Cristofini,adolescentdepeudemots,lâchait quand m ê me que « en vrai, avec l’ambiance et tout,c’ é taitvraimentuntrucdedingue.Celanous a é norm é ment tir é s. Après, j’ai fait ma course, je voyais les lignes du milieu, je ne savais pas com- bien j’ é tais, j’ai essay é de garder l’avance. J’ai fait macourse, j’ai tout donn é » Si cerelaistoujours en construction retrouve ses cadres de 2024 (YannLeGoff,quidoitsefaireop é rerdes é pau- les, et Wissam-Amazigh Yebba, de retour au turbinaprèsunanetdemidepause),iladequoi r ê verengrand à LosAngeles. Pierre Largeron, Roman Fuchs, L é on Marchand et Sauveur Cristofini (de gauche à droite), posent avec leurs m é dailles hier au bord du bassin de Saint-Denis. Les supporters français étaient au rendez-vous hier à Saint-Denis pour encourager les Bleus. Alain Mounic/ L’ É quipe p é rer, on te pousse à manger des barres de c é r é ales, des fruits, des prot é ines... » Un travail de musculation qui paie en crawl La petite r é volution op é r é e cette ann é e, c’est la musculation. « J’ai une relation assez sp é ciale avec, je ne m’ é tais jamais trop donn é dans une salle de muscu, j’essayais de pr é server mon corps. Et j’avais l’impression que ç a impactait trop mes sensations dans l’eau, je me sentais plus lourd » , plaide Mar- chand. Il n’appr é cie toujours pas, mais accepte de s’y adonner da- vantage. « J’ai identifi é des parties qui m’int é ressaient et me serviraient dans l’eau, des exercices qui res- semblent à la nage, comme les tractions pour le papillon, les squats pour pouvoir pousser plus fort au mur, les abdos pour les on- dulations , é numère-t-il. Et j’exp é - rimente vachement, j’observe au lendemain des deux s é ances heb- domadaires ce que j’arrive à trans- f é rer dans l’eau. Et j’adapte. No- tamment pour trouver le bon é quilibre entre puissance et sensa- tion. » Un travail qui paie en crawl. À conditiondel’encaissersansyr é - fl é chir. « J’ai l’impression que je nage plus vite quand j’ é teins mon cerveau » , lâche le Fran ç ais en riant. Hier, l’extraterrestre des bassins n’a pas d û zapper ce d é - tail. É u u PODIUM RETROUVEZ LES R É SULTATS COMPLETS ET LE PROGRAMME PAGE 6 CHAMPIONNATS D’EUROPE PARIS 4 × 200 m (H) 1. Grande-Bretagne (Richards, Mcmillan, Guy, Scott), 7’01’’52 ; 2. France (Marchand, Largeron, Cristofini, Fuchs), 7’02’’23 ; 3. Allemagne (M ä rtens, Sorgius, Baschnitt, Jahn), 7’02’’28. Mardi 11 ao û t 2026 | L’ É QUIPE 5 HIER s é ries HOMMES 50 m papillon : 1. Grousset , 22’’49 (Q) ; ... 17. Baez , 23’’31 (Q) ; etc 100 m brasse : 1. Ramsay-Peaty (GBR), 59’’08 ; ... 14. Aitkaci , 59’’94. Les 16 meilleurs temps qualifiés pour les demi- finales (2 nageurs maximum par nation). 400 m 4 nages : 1. Borodin (RUS), 4’13’’10 ; 2. Hammer (ALL), 4’13’’45 ; 3. Razzetti (ITA), 4’13’’54 ; 4. Litchfield (GBR), 4’13’’69 ; 5. Bussing (ALL), 4’14’’59 ; 6. Papastamos (GRE), 4’14’’79 ; 7. Jansen (HOL), 4’15’’38 ; 8. Vlachogiannakos (GRE), 4’16’’06. 4 x 200 m : 1. Allemagne, 7’04’’83 ; 2. Grande-Bretagne, 7’05’’07 ; 3. Lituanie, 7’05’’93 ; 4. Isra ë l, 7’06’’71 ; 5. Russie , 7’07’’72 ; 6. Italie, 7’08’’73 ; 7. France (Fuchs, Largeron, Dutriaux, Cristofini), 7’09’’33 ; 8. Grèce, 7’09’’53. Les 8 meilleurs temps qualifiés pour la finale. FEMMES 100 m : 1. Steenbergen (HOL), 52’’62 ; ... 7. Wattel , 53’’98 ;... 9. Gastaldello , 54’’03 (Q) ; etc. 200 m dos : 1. Shanahan (GBR), 2’09’’29 ; etc. Les 16 meilleurs temps qualifiés pour les demi- finales (2 nageuses maximum par nation) 800 m : 1. Quadarella (ITA), 8’23’’17 ; etc. 4 x 200 m : 1. Russie, 7’54’’17 ; 2. Allemagne , 7’54’’57 ; 3. Hongrie; 4. Italie, 7’57’’57 ; 5. Grande-Bretagne, 7’58’’84 ; 6. Espagne, 7’59’’14 ; 7. Pologne, 8’00’’32 ; 8. Portugal, 8’01’’21 ; Les 8 meilleurs temps qualifiés pour la finale. demi-finales HOMMES 100 m brasse : 1. Martinenghi (ITA), 58’’67 ; 2. Kelly (IRL), 58’’90 ; 3. Ramsay-Peaty (GBR), 58’’94 ; 4. Nowacki (GBR), 59’’03 ; 5. Imoudu (ALL), 59’’13 ; 6. Kozhakin (RUS), 59’’15 ; 7. Corbeau (HOL), 59’’24 ; 8. Cerasuolo (ITA), 59’’29 ; ... 14. Aitkaci , 59’’91. 50 m papillon : 1. Kornev (RUS), 22’’36 ; 2. Grousset , 22’’49 ; 3. Ponti (SUI), 22’’53 ; 4. Matos Ribeiro (POR), 22’’68 ; 5. Ceccon (ITA) et Armbruster (ALL), 22’’71 ; 7. Milak (HON) et Pekarski (BLR), 22’’75 ; ... 16. Baez , 23’’35. FEMMES 100 m : 1. Steenbergen (HOL), 52’’44 ; 2. Curtis (ITA), 52’’93 ; 3. Klepikova (RUS), 53’’19 ; 4. Van Wijk (HOL), 53’’22 ; 5. Seemanova (RTC), 53’’52 ; 6. Wattel , 53’’53 ; 7. Gastaldello , 53’’58 ; 8. Janickova (RTC), 53’’62. 200 m dos : I 1. Mahieu , 2’09’’20 ; 2. Seidel (ALL), 2’09’’43 ; 3. Szabo-Feltothy (HON), 2’09’’84 ; 4. Barzelay (ISR), 2’11’’01. II 1. Shanahan (GBR), 2’07’’61 ; 2. Rodrigues Rebelo (POR), 2’08’’48 ; 3. Tonrath Nollgen (ESP), 2’08’’99 ; 4. Shkurdai (BLR), 2’10’’76. Les 8 meilleurs temps qualifiés pour la finale. finales HOMMES Relais 4 x 200 m : 1. Grande-Bretagne (Richards, Mcmillan, Guy, Scott), 7’01’’52 ; 2. France (Marchand, Largeron, Cristofini, Fuchs), 7’02’’23 ; 3. Allemagne, 7’02’’28 ; 4. Italie, 7’02’’82 ; 5. Lituanie, 7’03’’53 ; 6. Russie , 7’03’’86 ; 7. Isra ë l, 7’07’’55 ; 8. Grèce, 7’08’’15. 400 m 4 nages : 1. Borodin (RUS), 4’08’’17 ; 2. Razzetti (ITA), 4’10’’40 ; 3. Litchfield (GBR), 4’11’’58 ; 4. Bussing (ALL), 4’14’’16 ; 5. Hammer (ALL), 4’14’’31 ; 6. Papastamos (GRE), 4’14’’99 ; 7. Vlachogiannakos (GRE), 4’16’’12 ; 8. Jansen (HOL), 4’16’’99. FEMMES 4 x 200 m : 1. Grande-Bretagne (Colbert, Wood, Schlosshan, Anderson), 7’45’’93 ; 2. Hongrie, 7’49’’09 ; 3. Russie, 7’49’’13 ; 4. Allemagne, 7’49’’14 ; 5. Italie, 7’54’’25 ; 6. Espagne, 7’54’’94 ; 7. Pologne, 7’58’’22 ; 8. Portugal, 8’02’’92. AUJOURD’HUI s é ries à partir de 9h30 50 m papillon (F) Principales engag é es : Sj ö str ö m (SUE), Kohler (ALL), Kuznetsova (NAB), Cachot 100 m nage libre (H) Principaux engag é s : Kornev (NAB), Popovici (ROU), Richards (GBR), Fuchs 100 m brasse (F) Principales engag é es : Evans (GBR), Pilato (ITA), McSharry (IRL). 200 m dos (H) Principaux engag é s : Kos (HON), Siskos (GRE), Mityukov (SUI), Herlem, Muratory, Ndoye-Brouard, Tomac 4 × 100 m relais 4 nages (M) 800 m nage libre (H) Principaux engag é s : Liebmann (ALL), M ä rtens (ALL), Klemet (ALL), de Tullio (ITA). demi-finales 100 m brasse (F) .................................................... ..................................................... 18h54 et 18h58 200 m dos (H) ............................. 19h03 et 19h07 50 m papillon (F) .................................................... ...................................................... 19h25 et 19h28 100 m nage libre (H) .............................................. ................................................... 19h32 et 19 h 36 finales 200 m dos (F) .............................................. 18h30 Qualifi é es : Shanahan (GBR), Rodrigues Rebelo (POR), Tonrath Nollgen (ESP), Mahieu , Seidel (ALL), Szabo Feltothy (HON), Shkurdai (NAA), Barzelay (ISR). 50 m papillon (H) ........................................ 18h37 Qualifi é s : Kornev (NAB), Grousset , Ponti (SUI), Matos Ribeiro (POR), Armbruster (ALL), Ceccon (ITA), Pekarski (NAA), Milak (HON). 100 m nage libre (F) ................................... 18h42 Qualifi é es : Steenbergen (HOL), Curtis (ITA), Klepikova (NAB), van Wijk (HOL), Seemanova (RTC), Wattel, Gastaldell o, Janickova (RTC). 100 m brasse (H) ........................................ 18h48 Qualifi é s : Martinenghi (ITA), Kelly (IRL), Ramsay- Peaty (GBR), Nowacki (GBR), Imoudu (ALL), Kojakin (NAB), Corbeau (HOL), Cerasuolo (ITA). 800 m nage libre (F) ................................... 19h53 Qualifi é es : Quadarella (ITA), Gose (ALL), Jackl (HON), Werner (ALL), Hall (SUE), Vasilaki (GRE), Soares Martins (POR), Valdes Alvarez (ESP). 4 × 100 m relais 4 nages (M) ..................... 20h06 À suivre sur France 3 de 9h30 à 11h20 puis sur France 2 à partir de 18h05. tableau des médailles T Hongrie Allemagne Italie France G de -Bretagne 2 0 1 1 0 1 0 1 0 0 1 0 0 1 0 0 0 1 3 2 1 1 1 1 1 2 3 - - - A.I.N. (*) (*) Athlètes individuels neutres. e R É SULTATS ET PROGRAMMES de la natation, souriait après les s é ries car il avait (encore) pr é dit le temps de son ca- marade à un centième près(22’’48): « Je le disdepuisled é butqu’ilvaêtrerecordmandu monde à cette é dition. Je le connais et je vois ce qu’il fait à l’entra î nement. Ç a fait sept ans qu’on s’entra î ne ensemble. Il a d é velopp é quelquechosesursesbras,il é taitaubordde la rupture à l’entra î nement. Il faisait des pla- quettes, j’ai vu ses biceps gonfl é s. Avant cha- que entra î nement, il fait son travail de pied, delamobilit é » Cequ’ilaperdusurlesjam- bes,ill’agagn é surlehautducorps. Malgr é la blessure, le N é o-Cal é donien ne s’est jamais arr ê t é de travailler le haut du corps, a bien rectifi é son alignement Maxime Grousset s’est rassur é avec ses deux performances d’hier. Groussetpied au plancher Avec deux excellents chronos sur 50 m papillon lors des s é ries et de sa demi-finale hier aux Championnats d’Europe, le triple champion du monde s’est pleinement rassur é sur sa forme. Deux mois après sa fracture au pied gauche, il est de retour. SOPHIE DORGAN Comme dans les livres scientifiques ou les thèses,ilnefautjamaisoublierderegarder le lexique à la fin pour bien comprendre les origines de l’histoire. Quand on a vu Maxime Grousset signer 22’’49 en s é ries puis en demi-finales du 50 m papillon, à un centième du chrono de son titre de cham- pion du monde l’ é t é dernier à Singapour, on s’est retourn é un mois en arrière pour mesurersaperformance. Certains pouvaient se montrer presque d éç usdelevoirdeuxièmetempsdesdemi- finales derrière le Russe sous bannière neutre, Egor Kornev – auteur de 22’’36 (re- cord du Championnat) à seulement 11 centièmes du record du monde (22’’27) d’Andrii Govorov. On en oublierait presque que le Fran ç ais portait encore une botte de marche orthop é dique il y a un mois ou se d é pla ç ait en b é quilles il y a deux mois après sa fracture au pied gauche. Devant sa famille venue de Nouvelle-Cal é donie et sous l’ovation du public ce lundi matin, il a ressenti « beaucoupdefrissons » .Ilsaitd’où ilrevient:deloin. Malgr é sa blessure, il ne s’est jamais arr ê t é de travailler M ê me lui, l’optimiste inv é t é r é , se montrait « agr é ablement surpris » hier matin. M ê me son coach Michel Chr é tien, qui le conna î t par c œ ur, aurait sign é des deux mains. Seul Yohann Ndoye-Brouard, nouveau ca- pitaine des Bleus et v é ritable encyclop é die des deux bras et a d é velopp é « une nage trèspropre » ,selonsoncoach. « Je ne veux pas dire qu’on a fait du brico- lage,maisonafaitdelar é adaptationenper- manence. Une pr é paration inachev é e. Lui est pass é par la r é athl é tisation et nous, par la r é adaptation à l’entra î nement , rappelle Chr é tien. Tunevaspas à 100%decequetu pourraisfaire,onestrest é à 70%decequ’on aurait pu ou d û travailler sur les s é quences d’entra î nement. Mais en propulse, il est é norme. La source des progrès viendra des d é parts qu’on n’a pas pu vraiment tra- vailler. » Le champion du monde en titre a bien not é les petits centièmes à aller chercher. À Singapour, il est pass é en 5’’13 sur les quinze premiers mètres, ce lundi en 5’’28. « Heureusement, ma force, c’est la nage, je reviens sur lui (Kornev) mais pas assez, il va falloir que je trouve quelque chose en plus. J’imagine que pour gagner, il faudra faire le record du monde aux Championnats d’Eu- rope (rires), ç a va ê tre int é ressant. Je ne sais pas comment faire tomber 25 centièmes, on var é fl é chir à laquestion. » Il a d é j à r é pondu à une première inter- rogation sur sa participation au 100 m. Il a d é cid é delezappercemardimatinpourse concentrersurlafinaledu50mpapillonet tester son 100 m papillon sur le relais mixte 4 × 100 m quatre nages. « S’il fait une arriv é e à la Grousset, tout est permis » , pr é - dit sonentra î neuren souriantet en repen- sant à son petit centième d’avance pour remporterletitrel’ é t é derniersurunetou- chemagique. É Alain Mounic/ L’ É quipe Paris e natation Championnats d’Europe 6 Mardi 11 ao û t 2026 | L’ É QUIPE beaucoupderegrets (éliminéeen demi-finales) . J’ai mis le frein à 800 %. Je suis comme sortie de mon corps. Je ne me rappelle m ê me pas comment on entrait sur le bassin ou le bruit. Je me souviens d’une chose : je me voyais de l’ext é rieur, spectatrice. J’ainag é les7 e et8 e joursetjeme suis projet é e pendant une se- maine. J’ é tais nerveusement vide. Après ma s é rie, j’avais mal au crâne, je ne sentais plus mon corps. Aujourd’hui, j’ai vraiment envie de profiter. J’ai l’impres- sion que je retrouve le lâcher- prise quand je n’ai plus le choix, quandvraimentiln’yaplusd’au- tre solution que d’y aller à fond. C’estunpeuemb ê tantparceque je me mets dans des situations d’extr ê med é tresse. » É des courses comme ç a, ç a nous aconstruitunepeuret ç adevient un cercle vicieux. Le problème des peurs, c’est qu’elles ne sont pasraisonnables.Aujourd’hui,j’y vais sans l’appr é hension du re- tour, je m’engage et si ç a ne finit pas, ç a ne finit pas. Je n’ai jamais pris autant de plaisir à me lancer dansunecourse. » Effacer le traumatisme des JO de Paris « Les JO 2024 ont é t é un vrai traumatisme. Tout le monde nous r é p é tait que c’ é tait un ca- deau. Je les ai pris en mode : “C’est la chance de ma vie. ” J’ai rat é ma chance. C’ é tait le dan- ger. J’ é tais dans le d é ni. J’ai eu verser par exemple mon pro- blèmeaugenou. » Le 200 m dos, la peur de ne pas finir « Le 200 m dos, c’est dur parce qu’on a vraiment peur de finir la course debout. C’est dingue. On s’entra î ne comme des fous et on a peur de ne pas finir. Yohann (Ndoye-Brouard en bronze sur la distance aux Mondiaux 2025) , commemoi,onadesgrosphysi- ques, on est lourds. Du coup, on produit beaucoup de lactique, on peut arriver à paralyser des jam- bes et se retrouver à faire un temps de 35’’ sur le dernier 50 m qui va complètement nous sortir de la course. Le fait d’avoir fait Cette pens é e l’avait fait passer à c ô t é desJOdeParis.Elleraconte ses grands d é fis pour r é ussir sonpari. L’exil au Canada « Ce n’est pas é vident parce qu’il y a eu beaucoup de change- ments, que ce soit dans ma vie personnelle ou dans l’entra î ne- ment. Ce sont des changements dont j’avais besoin. J’ é tais ren- tr é e dans une forme de routine où j’ é tais peut- ê tre un peu trop confortable. L à , je me fais un peu secouer avec des s é ries très in- tenses. J’ai toujours é t é dans le calcul, dans les trucs math é ma- tiques, les analyses. L à , c’est im- pressionnant cette mentalit é de foncer. Malgr é les difficult é s des conditions d’entra î nement, le froid,personneneseplaint. Avec cette exp é rience, je parie sur moi. Je me suis retrouv é e plusieurs fois des week-ends seule. Le soir surtout, je ne par- lais à personne avec le d é calage horaire. Je ne pouvais pas appe- ler mon copain toutes les trente secondes quand ç a n’allait pas. Comme j’avais du temps, j’ é tais oblig é e de travailler sur moi. J’avais moins accès au psy, j’ai mis en place plein de petites choses qui m’ont permis de tra- SOPHIE DORGAN Très c é r é brale et perfection- niste, Pauline Mahieu a souvent ressenti un poids sur ses é pau- les.Lepoidsdesesattentesetde cellesdesautres,lepoidsdemal faire, le poids de ne pas tenir sur 200 m dos... Hier, elle a r é ussi à surmonter ses peurs pour se qualifier pour la finale du 200 m dos, pr é vue aujourd’hui à 18h30, lors d’une demi-finale bien ma î - tris é e où la jeune Jeanne Leche- valier (17 ans) n’a pas d é m é rit é avec une 10 e place. Lucide et consciente de ses failles, la Nor- distede27anscherchedessolu- tions. Cette saison marqu é e par son exil à Montr é al en septem- bre et sa blessure à un genou (fracture d’un plateau tibial) qui a tra î n é en raison d’un mauvais diagnostic, elle la traverse avec cette volont é de trouver le lâ- cher-prisequiluifaittantd é faut. Troisième meilleur temps personnel (2’08’’28 en 2025) des engag é es derrière la Bi é lorusse sous bannière neutre Anastasiya Shkurdai (2’07’’85) et l’Espa- gnole Estella Tonrath Nollgen (2’08’’03) sur une distance large- ment domin é e par les Austra- liennes et les Am é ricaines, elle sait qu’elle possède une chance de monter sur le podium. La chance de sa vie? Surtout pas. Continuer à surmonter ses doutes Qualifi é e pour la finale du 200 m dos, la Nordiste Pauline Mahieu veut aller chercher une m é daille aujourd’hui et r é ussir à trouver le lâcher-prise qui lui a tant manqu é Pauline Mahieu hier en séries lors des Championnats d’Europe à Saint-Denis. Alain Mounic/ L’Équipe natation Championnats d’Europe Paris Béryl Gastaldello veut «tout donner» en finale du 100 m ce soir. Alain Mounic/ L ’Équipe Deux fillespurescent Marie Wattel et Béryl Gastaldello se sont qualifi é es pour la finale du 100 m. Enfin r é unies par la m ê me envie. Ces deux filles-l à en ont vu, des finales. Europ é ennes, mondiales, olympiques, en petit ou grand bassin. En crawl, en dos, en papillon. Des ann é es à ferrailler, à se tirer la bourre, pas toujours dans la joie et la bonnehumeur.Maismaintenantqueleurscar- rières se tirent, B é ryl Gastaldello et Marie Wattel nagent avec le m ê me c œ ur. Et la m ê me rage, « avec notre â me » , lâche la première. Hier, la nageuse de l’Insep (31 ans) qui a tant baroud é s’est qualifi é e pour la fi- naledu100m(53’’58’’,7 e temps),ellela dossistenaturelle,imit é equelquesmi- nutesplustardparlaMarseillaised’adoption(53’’53,6 e ). Et leur é treinte en zone mixte et leurs rires m ê l é s en di- saientlongsurleurjoiesimpled’ ê trel àà cemoment-l à : Je ne vais pas vous mentir, j’aurais aim é nager plus vite , reconnaissait Gastaldello. Je n’ é tais pas au top physique- ment mais l’objectif é tait de passer en finale. Le niveau eu- rop é en est vraiment é lev é et je suis heureuse d’en être » M ê me son de cloche pour Wattel, enfin d é barrass é e de sesproblèmesdegenouetquir é coltelespremiersfruits de son exil en Arizona. Et qui é tait heureuse d’avoir fina- lement d é laiss é le 50 m papillon pour l’aller-retour en crawl: «Ç afaitplaisir,c’estunbeauchrono,jesuiscontente de faire partie d’une telle finale, c’est vraiment du niveau mondial.» Mais peuvent-elles r ê ver plus haut, elles qui possè- dent des records en 53 '' 30 (Gastaldello) et 53 '' 32 (Wat- tel) ? Si le titre semble promis ce soir à la recordwoman du monde n é erlandaise Marrit Steenbergen, qui s’est qualifi é e en sifflotant (52’’44), et l’argent à la p é pite ita- lienne Sara Curtis (52’’93), il reste de la place sur le po- dium. « On va les prendre en sandwich avec Marie et tout donner, semarraitGastaldello. L ’id é e,c’estdekifferettout donner, s’arracher la tête. » « Moi je suis ouverte à la belle surprise , concluait la sage Wattel. Je n’attends que ç a. » J.-P.B. Alain Mounic/ L ’ É quipe Marie Wattel s’est qualifiée en finale grâce au 6 e temps des demies hier. Deux Marie Wattel Enfin r é unies par Ces deux filles-l à mondiales, olympiques, en petit ou grand bassin. En crawl, en dos, en papillon. Des ann é es à ferrailler, à se tirer la bonnehumeur rières se Wattel nagent avec le m ê me c œ ur. Et la m ê me premièr a tant baroud é s’est qualifi é e pour la fi- nal dos nutes plus tard par la Marseillaise d’adoption (53’’53, 6 Et leur é treinte en saientlongsurleur « Je ne vais pas vo Mardi 11 ao û t 2026 | L’ É QUIPE 7 4311d93 v2.04311d93 Birmingham e athlétisme Championnats d’Europe Sébastien Boué/ L ’Équipe DAGUINOS Unlundi ausoleil L’ex-recordman d’Europe du 10 km a décroché sa première médaille internationale avec le bronze sur le 5000 m, le résultat d’une montée en puissance depuis plusieurs années. DE NOTRE ENVOY É SP É CIAL ROMAIN DONNEUX BIRMINGHAM (ANG) – Il y en a toujours eu des talentueux. Ceux qu’on montre d’un signe de tête quand ilspassentenfootinglaveilled’un Championnat de France, l’air de dire: «Lui,c’estuncrack.» Étienne Daguinos a toujours été dans cettecatégorie.Doublechampion deFrancedecrossjuniors–cequi est souvent un pass vers plus – l’athlète qui vit à Villenave-d’Or- non (Gironde), a toujours lévité dans les meilleurs Français de sa catégorie. Mais, pendant long- temps,sonsystèmeimmunitaire, unpeufragile,luipermettaitrare- ment d’enchaîner les mois d’en- traînement, ce qui est un gros problème quand on souhaite de- venir un top demi-fondeur. « On a toujours eu un grain de sable dans la machine pour concrétiser en compétition , expliquait l’an der- nier, Emmanuelle Roux, l’une de ses entraîneurs avec l’ex-athlète Yannick Dupouy. On a manqué de continuité pendant de nombreuses années, car c’est un profil qui était très fragile. Il tombait souvent ma- lade. Même un petit rhume lui cou- paitlesjambestroissemaines.» Le haut du panier du demi-fond fran ç ais Patientetconvaincuquesondes- tins’écriraitencourant,Daguinos trouva des solutions. Désensibili- sation d’allergies, une nutrition pointilleuse, et les kilomètres pu- rentenfins’enchaîner.Lepremier tremblement de cette mise en route fut son record d’Europe du 10km,le16novembre2024àLille (27’04’’). En une course, il passait dans la lumière. Dès le lende- main,uncontratàsixchiffresl’at- tendait avec son équipementier Asics.Ledébutdelavraievied’un professionnel, celle dont il avait toujours rêvé. « Ç’a vraiment per- mis de me libérer, de devenir vrai- ment beaucoup plus professionnel dans mon approche et de me per- mettre de partir facilement en stage , expliquait-il récemment. Ça me permet aussi de créer un écosystème autour de moi. C’est- à -direque,l à ,ilyamescoachesqui vont venir. J’ai des amis qui vien- nent. Je crée aussi une émulation autourdemoi.C’estaussiçaquime donne de la force pour pouvoir venir. » DéjàprésentauxMondiauxl’an dernier à Tokyo (14 e du 5000 m), il fait dorénavant partie du haut du panier de ce demi-fond français qui ne cesse de repousser ses li- mites. Avant ce Championnat, il indiquait que tout autre résultat qu’une médaille « serait une dé- ception » . Pour cela, il avait décidé delaisserderrièreluiundébutde saison «décevant » ,loindeschro- nos attendus (13’01’’92 sur 5000m),poursereconcentrersur l’essentiel malgré des problèmes personnels à gérer et un démé- nagement d’une semaine dans lesLandespouréviterlesfumées desincendiesenGironde. Ses dernières semaines étaient consacrées au finish, lui quicourttoutdemêmele1500m en 3’34’’43, ce qui sert toujours à quelque chose quand tout s’em- balle. Et il fallait aussi calmer cet instinct qui le pousse toujours à l’avant,unefoisquelecoupdepé- tard a retenti. Ç a lui a souvent coûtédesforcesetdesplaces. “Ma coach avait dit d’aller chercher au fond de moi, de transformer tout ce qui s’est pass é ces dernières semaines en force '' É TIENNE DAGUINOS Hier soir, il a tout fait bien. Très calmedanslepeloton,ilad’abord joué au fond de la classe avec ses camaradesJimmyGressieretJa- kob Ingebrigtsen. Un peu moins confiantquelesdeuxpatrons,ilse replaçait un peu plus tôt pour voir venir. À la cloche, il était là, en 5 e -6 e position,prêtàmordre,alors que le duo Gressier-Ingebrigtsen semblaitdevoirsejouerlegâteau. Mais, comme à Munich (2022) et Rome (2024), Gressier faiblissait et Daguinos (3 e ) endossait le cos- tume de sauveur bleu, comme l’avait fait sur les deux dernières éditionsYannSchrub(forfait). Dans les derniers mètres et alorsqueleNorvégiensignaitson retour (devant l’Allemand Florian Bremm), c’est bien lui qui ouvrait son compteur, le faisant vraiment entrer dans la cour des grands. «Macoachavaitditd’allerchercher aufonddemoi,detransformertout ce qui s’est passé ces dernières se- mainesenforce.Etc’estcequis’est passé sur le dernier tour , lâchait-il émuen zonemixte,sanspr é ciser l’origine de son mal- ê tre. Je vou- lais ê tre fier de moi. Et aujourd’hui (hier), jepeuxdirequec’estunnou- veauchapitrequidémarreavecune première médaille internationale surlapiste. » É É tienne Daguinos à l’arriv é e du 5 000 mètres, hier. 8 Mardi 11 ao û t 2026 | L’ É QUIPE RETROUVEZ LES R É SULTATS COMPLETS ET LE PROGRAMME PAGE 10 PODIUM 1. J. Ingebrigtsen (NOR) .................................... 13’15’’29 2. Bremm (ALL) .................................... 13’15’’60 3. Daguinos .................................... 13’16’’09 5 000 m hommes Gressier: « J’aifaillià mamission » M é daill é de bronze mondial de la discipline, le Boulonnais a encore é chou é dans sa qu ê te d’une m é daille europ é enne sur 5000 m (4 e ). Mais il donne d é j à rendez-vous samedi sur le 10000 m. «Commentanalysez-vousvotrecourse? Jenesuispasvenupour ç a.Jecommencemal monChampionnatmaisjesuisd é j à focalis é surle 10000m,parcequejesaisquejesuisenforme. J’avaisdetrèsbonnessensations,latactique n’ é taitpasbonne,ons’esttromp é stotalement. Aveclestaff,onvoulait é mousserlescoureursde 1500mquimontaientsur5000m.Jesavaisaussi queJakob( Ingebrigtsen )n’ é taitpas à sonprime ( voirci-dessus )etjevoulaislefatiguer. À un momentdonn é ,jepasse à c ô t é delui, à troistours del’arriv é e,ilmeregardeenrigolant,parcequ’il saitquec’estentreluietmoi,entreguillemets.Je mesenstrèsbien,mais,quand ç acommence à pousserderrière,jemesensdansl’obligationde memettredevant,demettreunpetittrain,etd’en garderunpeupourlafin.Maisjesaisquecourir danslapositionduchasseur,c’esttrès dur.Aujourd’hui( hier ),jesaistrèsbienqu’en termesdeniveauj’ailargementlepodiumdans lesjambes, ç a,c’estunecertitude.Monniveauest trèsbon,etjevaislemontrersurle10000.L à ,je suistomb é ,maisjemerelèved é j à ,jepassed é j àà autrechose.Le5000m,c’ é taitpourlesautres, bravo à eux,surtoutbravo àÉ tienne,quinous rapportecettebellem é daille,et à l’ é quipede France,c’estimportant,parcequej’aifailli à ma mission. “Je n’ai pas couru pour la médaille, j’ai couru pour gagner, j’ai couru d’une belle manière '' Vousvousposiezdesquestionssurleniveau d’Ingebrigtsen,onaeulesréponses. Jakob,ilnemesurprendrajamais,c’estun champion.Pourmoi,lemeilleurcoureurdetous lestemps,d’autantplusqu’ilaunehumilit é ,une classe.C’estungrandchampion,j’ai é norm é ment derespectpourlui,ilmetiremoiverslehaut,bien qu’ilsoitplusjeunequemoi (25anscontre29) .Je savaistrèsbienqu’il é taitenformeetc’estpour ç a qu’onaessay é del’ é mousserunpeu,parcequesi ç acouraitvraimenttrèslentement,il é taitcapable definirfort. C’estlatroisièmefoisquevousterminezaupied dupodiumauxEurope(4 e en2022,5 e en2024 sur10000m).Ilyaunesortedemalédiction? Jepr é fèreavoirunemal é dictionaux Championnatsd’Europeetunegrandechance auxChampionnatsdumonde( rires ).Maisilme fautquandm ê mecettem é dailleaux Championnatsd’Europe.Jen’aipascourupourla m é daille,j’aicourupourgagner,j’aicourud’une bellemanièreenpassantdevant.Jesentaisqueje couraisbien,quej’ é taisassezrelâch é .Mais, commejel’aiditauxChampionnatsdumonde,j’ai é t é championdumonde,mais,surlalignede d é part,cen’ é taitpasmoilemeilleur,c’estjuste quej’aifaitmoinsd’effortsquetouslesautres.L à , cen’ é taitpaslecas.Jenesuispasd é faitiste,je reparstoutdesuitedel’avant,etjesuisconcentr é surle10000.Debelleschosesvontarriver. » R.Do. à Birmingham l’ é t é , mais à quel niveau, je ne sais pasencore. » Habitu é des stages en altitude, notamment à Saint-Moritz (Suisse), l à où il fait toujours ses pr é parations terminales, le Nor- v é gien y montait au c œ ur de l’ é t é , le signal que tout semblait enfin rentrer dans l’ordre. L à -bas, il a puremettrel’intensit é quipermet de passer des caps, lui qui avait r é ussi à maintenir un niveau très é lev é d’a é robie tout au long du printemps entre v é lo elliptique et course à pied mais sans s é ances violentes à pied. É videmment,ra- dio demi-fond se mettait alors en marche. « Il est comment, Ja- kob? » « Il est très fort » , avouait, samedi, Jimmy Gressier, qui a pass é ses dernières semaines é galement à Saint-Moritz. “J’ai douté de moi chaque jour et chaque minute mais j’ai toujours gardé espoir '' L e c h a m p i o n d u m o n d e du10000 m a pay é , hier soir, pour en avoir la confirmation (voir ci- dessous) puisqu’il a marqu é le Norv é gien toute la course mais c’est bien le dor é navant septuple champion d’Europe en plein air qui a jailli dans les derniers 50 mètres pour s’imposer pres- que facilement. « Le fait d’ ê tre à nouveauenbonnesant é ,deretrou- ver la comp é tition et de me sentir aussi bien, c’est quelque chose pour lequel j’ai é norm é ment tra- vaill é aucoursdel’ann é e ,lâchait-il bien plus expressif que lors de ses pr é c é dents succès. J’ai dout é de moi chaque jour et chaque mi- nutemais j’aitoujours gard é espoir. Cesdernièressemaines,j’ai é t é ca- pable de faire exactement cela